Roland Lescure annonce un nouveau choc pétrolier pour la France
Nouveau choc pétrolier annoncé par le ministre de l'Économie

Un nouveau choc pétrolier se profile pour l'économie française

Le ministre de l'Économie Roland Lescure a lancé un avertissement solennel devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale ce mardi. Selon ses déclarations, la France s'apprête à affronter un nouveau choc pétrolier en raison de la guerre déclenchée au Moyen-Orient par Donald Trump et Benyamin Netanyahu.

Une crise qui s'installe durablement

« C'est un choc pétrolier. On en a connu une dizaine depuis 50 ans », a affirmé le ministre, précisant que l'hypothèse d'une crise passagère « n'est malheureusement désormais plus d'actualité ». La situation internationale a créé des perturbations majeures sur les marchés énergétiques mondiaux.

Roland Lescure a détaillé l'ampleur du phénomène : « Avec la crise, ce sont 15 à 20 % du pétrole, 20 % du gaz naturel liquéfié, au niveau mondial, qui n'arrivent plus sur les marchés ». Concrètement, cela représente 11 millions de barils en moins par jour pour l'économie mondiale.

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Des conséquences économiques mesurables

Le ministre a présenté des projections chiffrées particulièrement préoccupantes :

  • Une hausse permanente de 10 dollars du baril équivaut à environ 0,1 point de croissance en moins
  • Cette même hausse génère 0,3 point d'inflation supplémentaire pour la France
  • Un baril maintenu à 100 dollars (soit 35 dollars de plus qu'avant la crise) aurait un impact négatif de 0,3 à 0,4 point sur la croissance
  • Ce scénario entraînerait également un point d'inflation supplémentaire

Ces prévisions s'appuient sur les analyses de l'Insee, qui anticipe déjà un ralentissement de la croissance économique française à 0,2 % au premier et deuxième trimestres de cette année.

Un contexte différent des années 1970

Sur France Inter mardi soir, Roland Lescure a toutefois tempéré le discours alarmiste en soulignant que « on n'est pas dans les années 1970 ». La France serait « moins exposée et mieux préparée que d'autres pays », notamment grâce à son électricité d'origine nucléaire plutôt que gazière, contrairement à l'Allemagne ou l'Italie.

« La France est entrée dans cette crise plutôt en bonne forme [...] et donc on peut espérer, à condition de bien faire les choses, passer à travers [...], si elle ne dure pas trop longtemps, sans trop de dommages, mais ça va nous coûter », a nuancé le ministre.

Les réponses du gouvernement

Face aux inquiétudes concernant la hausse des prix des carburants, Roland Lescure a assuré que l'État ne comptait pas « s'enrichir » sur le dos des consommateurs. « Un choc pétrolier, c'est mauvais pour les comptes de la France », a-t-il rappelé, expliquant que la croissance amoindrie affecterait les recettes fiscales tandis que certaines dépenses sociales augmenteraient.

Concernant les stations-service, le ministre a annoncé que plus de 1 000 contrôles avaient été effectués, révélant « 5 % d'excès » dans les prix pratiqués, tout en précisant que « globalement les marges des distributeurs n'ont pas augmenté ».

Une surveillance renforcée des finances publiques

Interrogé sur une éventuelle révision du budget de l'État, Roland Lescure a indiqué attendre le « comité d'alerte » prévu le 21 avril, estimant qu'« à ce stade, il est évidemment trop tôt » pour prendre des décisions budgétaires majeures.

Le ministre a également annoncé que son homologue aux Comptes publics, David Amiel, mettrait en place un observatoire de la crise dans les prochains jours pour évaluer précisément l'impact sur les finances publiques françaises.

Cette nouvelle donne énergétique place ainsi la France face à des défis économiques substantiels, nécessitant une vigilance accrue et des mesures adaptées pour limiter les conséquences sur le pouvoir d'achat des Français et la santé économique du pays.

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