Monoprix poursuit sa mue stratégique sous l'égide du groupe Casino
L'enseigne de distribution Monoprix, propriété du groupe Casino, a dévoilé mardi un plan de réorganisation conséquent pour son parc de plus de 600 points de vente. Ce plan inclut la cession de trois magasins au discounter allemand Lidl et la fermeture de six autres établissements. L'entreprise assure qu'aucune suppression d'emploi n'est prévue dans le cadre de ces mouvements.
Les détails des cessions et des fermetures
Monoprix a réuni ses instances représentatives du personnel pour leur présenter ces projets, qui concernent au total environ 200 salariés. Trois magasins situés en Île-de-France, à Chatou dans les Yvelines, Argenteuil dans le Val-d'Oise et Le Pecq également dans les Yvelines, doivent être cédés à Lidl. Le distributeur allemand a confirmé, via un communiqué distinct, une discussion exclusive avec Casino et prévoit une finalisation de l'opération d'ici à la fin du premier semestre.
Parallèlement, cinq fermetures de magasins Monoprix sont programmées à La Défense dans les Hauts-de-Seine, Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne, Malakoff dans les Hauts-de-Seine, Nantes en Loire-Atlantique et Tours en Indre-et-Loire. Un magasin de format plus petit, Monop, doit également fermer ses portes à Clichy dans les Hauts-de-Seine.
Le groupe a précisé que onze magasins Monop passeront en franchise et qu'un autre, situé à Lyon, sera vendu à l'enseigne espagnole Primaprix. Concernant les salariés affectés par les fermetures, Monoprix promet leur repositionnement dans d'autres magasins de la marque. Lidl, de son côté, s'engage à conserver 100% des effectifs dans les magasins cédés.
Inquiétudes syndicales et contexte du groupe Casino
La CGT Monoprix, qui avait dénoncé la semaine dernière une réorganisation brutale, a exprimé son inquiétude face à ces annonces. On est inquiets, surtout pour les personnes qui vont passer du jour au lendemain chez Lidl, où les conditions de travail ne sont pas les mêmes, a déclaré une membre du syndicat sous couvert d'anonymat à l'AFP.
Monoprix justifie ces projets par des analyses menées magasin par magasin, s'inscrivant dans la transformation plus large du groupe Casino. Ce dernier, tombé en 2024 sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky après des années de surendettement, poursuit sa restructuration. Le distributeur stéphanois, qui a vendu la quasi-totalité de ses hypermarchés et supermarchés en France, prévoit de rénover l'intégralité de ses magasins Monoprix d'ici 2030.
Sur les neuf premiers mois de l'année 2025, le groupe a fermé 16 Monoprix mais en a ouvert 19 et en a converti trois en franchise. Parallèlement, Casino négocie actuellement avec ses créanciers pour réduire sa dette à rembourser en 2027, la faisant passer de 1,4 milliard à 800 millions d'euros.
Les ambitions de Lidl en France
Lidl, sixième distributeur sur le marché français, voit dans ces acquisitions une opportunité de renforcer son maillage territorial dans des zones urbaines et périurbaines. Cette stratégie fait suite à la reprise, en 2025, de 19 supermarchés à Auchan, dont neuf avaient préalablement été cédés par le groupe Casino. Cette série d'opérations illustre la recomposition en cours dans le secteur de la distribution alimentaire en France.



