Le marathon de Paris à peine terminé, les coureurs les plus aguerris savent qu'il faut déjà penser à l'année suivante. En 2025, il était ainsi possible d'acheter son dossard pour le semi-marathon 2026 neuf jours après la course, tandis que les premiers dossards pour le marathon 2026 étaient mis en vente dix jours après l'édition 2025, via un système de pré-inscription.
Cette année, rien de tel. La faute à plusieurs mois d'incertitude sur l'identité du futur organisateur de l'épreuve, qui ont paralysé les inscriptions et laissé les dates dans le flou. Le Conseil de Paris a finalement tranché mercredi soir : c'est bien le groupement Cadence qui organisera le marathon et le semi-marathon de Paris de 2027 à 2030. Et selon une information proche du dossier, les dossards seront disponibles à la rentrée.
Une redevance annuelle doublée
Le vote, intervenu tard dans la soirée, a été adopté avec 78 voix pour, 44 contre et 13 abstentions. Ce résultat met fin à 30 ans de règne d'Amaury Sport Organisation (ASO), également à la tête du Tour de France, sur l'une des courses les plus courues au monde, avec plus de 60 000 participants et 16,9 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel.
C'est désormais le groupement Cadence, réunissant Keneo, Havas et Avena Event, qui se voit confier l'organisation du semi-marathon et du marathon de la capitale de 2027 à 2030, au terme d'un appel d'offres lancé il y a plus d'un an et suffisamment disputé pour nécessiter un second tour en février 2026.
Noté sur la qualité du projet, l'offre financière et la démarche environnementale, Cadence avait décroché les meilleures notes de l'administration, dont un 9/10 sur le volet économique. Sa candidature avait séduit la Ville par son ambition populaire et inclusive, dans la lignée des Jeux de Paris 2024 auxquels les trois entités du groupement avaient participé.
L'objectif affiché par la Ville est de faire du marathon un rendez-vous « ouvert à toutes et tous, accessible au plus grand nombre et porteur de valeurs d'inclusion et de partage ». Financièrement, le nouveau contrat garantit à Paris une redevance annuelle minimum de 3,5 millions d'euros, soit le double de ce qu'elle percevait avec ASO.
« Il faut faire barrage à l'extrême droite »
Le vote n'a pas eu lieu sans heurts. La présence d'Havas, agence appartenant à la galaxie Bolloré, au sein du groupement lauréat a déclenché une levée de boucliers. « On ne veut pas confier le marathon de Paris à une filiale de Bolloré qui a la mainmise sur de nombreux réseaux d'influence afin de marteler son récit politique », a lancé Guillaume Durand, co-président du groupe écologiste.
Le sénateur Ian Brossat, co-président du groupe communiste, a abondé : « Dans le contexte, confier le marathon à Bolloré, c'est non. » La majorité socialiste a tenu bon, par la voix de Jérôme Coumet : « La présence de Bolloré au sein du groupe est loin de nous laisser indifférents. Mais ça n'est pas au Conseil de Paris de réécrire les règles de la commande publique. »
Le semi-marathon est prévu en mars 2027 et le marathon envisagé pour le 11 avril, deux dates qui restent à confirmer officiellement.



