Créé le 22 avril à Paris, le Comité national du liège (CNL) se positionne comme une alternative à la Fédération française du liège, qu'il accuse d'être dominée par des entreprises portugaises et de former "un cercle fermé refusant l'adhésion d'entreprises françaises". Cette nouvelle instance, regroupant une vingtaine d'industries françaises et des associations de gestion forestière, notamment dans le Var, entend relancer l'entretien des suberaies, diversifier les usages du liège et accélérer son recyclage.
Un constat alarmant sur le recyclage
Selon Nicolas Plazanet, coordinateur de l'association Forêt Modèle de Provence, "en France, ce sont 13 000 tonnes de bouchons en liège utilisés chaque année et pourtant, seulement 200 tonnes d'entre eux sont recyclés". Il juge ces chiffres "trop faibles", d'autant que "le liège se recycle à l'infini". Le CNL souhaite donc sensibiliser les citoyens et améliorer la collecte pour transformer ce déchet en ressource industrielle.
Trois axes stratégiques pour relancer la filière
Le CNL articule son action autour de trois "chantiers prioritaires". Le premier vise à relancer l'entretien des suberaies françaises pour lutter contre les incendies et favoriser la biodiversité, tout en garantissant un approvisionnement local. Avec 55 000 hectares de forêt de chêne-liège dans le Var, seuls 10 000 hectares sont actuellement entretenus régulièrement, permettant une levée de liège de 200 tonnes par an. Une gestion sylvicole qui réduit la biomasse en sous-bois et freine la progression des incendies.
Le deuxième enjeu est de maintenir une souveraineté industrielle et de stimuler l'innovation. "On assiste à une crise du liège du fait de la diminution de consommation de vin. Il s'agirait donc de développer d'autres usages du liège", comme l'isolation thermique des combles, explique Nicolas Plazanet. Il constate une "déprise industrielle notamment dans le Var alors même qu'il abrite l'une des plus grandes forêts".
Le recyclage du liège, un engagement pour la santé
Le développement de nouveaux usages va de pair avec l'amélioration de la collecte. "Nous sommes en manque de collecteurs", déclare Nicolas Plazanet. Le CNL entend donc sensibiliser les citoyens via des points de collecte près des médiathèques, écoles et zones de recyclage du verre, comme envisagé à Carnoules, où Plazanet est conseiller municipal. "C'est la seule filière où le recyclage est un engagement sociétal et un engagement pour la santé collective", souligne-t-il.
Le recyclage du liège finance en effet la recherche contre le cancer : entre 700 et 800 euros la tonne de liège sont reversés à France Cancer, qui organise elle-même le tri et la collecte dans les villes.



