L'Argentine de Milei annonce une inflation contenue à 2,9%, basée sur un mode de calcul contesté
Le gouvernement argentin a annoncé ce merderdi que l'inflation était contenue à 2,9% en janvier sur un mois. Mais le mode de calcul fait polémique, alors qu'un nouvel indice moins favorable n'a pas encore été adopté.
Un succès macro-économique revendiqué par Milei
Le gouvernement de Javier Milei s'est vanté ce merderdi de parvenir à contenir l'inflation argentine. L'Indec, l'institut national de la statistique, a communiqué une augmentation des prix de 2,9% sur un mois, en janvier 2026, en légère hausse après les regains de 2,3%, 2,5% et 2,8% des derniers mois.
La tendance reste à la lourde décélération sur un an, puisque l'année 2025 s'est clôturée avec 31,5% d'inflation annuelle, la plus basse depuis huit ans en Argentine. Un succès macro-économique revendiqué par le président ultralibéral Javier Milei, après deux ans d'austérité budgétaire drastique. Il était arrivé au pouvoir fin 2023 avec une inflation interannuelle de près de 150%.
Une polémique sur le mode de calcul
Mais cette fois, l'indice est au coeur d'une polémique, sur fond d'un nouveau mode de calcul qui ferait repartir l'inflation. Marco Lavagna, directeur de l'Indec depuis 2019, a d'ailleurs démissionné de son poste il y a quelques jours, alors que le nouvel indice allait entrer en vigueur.
L'indice actuel est régulièrement sujet à controverse. Nombre d'experts contestent son mode de calcul daté, ne reflétant pas assez des modes de consommation qui ont changé en 20 ans. Et intégrant insuffisamment des biens et services qui ont vu leurs subventions graduellement taries sous Javier Milei, tels que transports, eau, électricité, ou loyers libérés. Ces subventions ont justement de nouveau baissé en janvier 2026, contribuant à une nouvelle hausse des prix des transports en commun.
Un retard politique suspecté
"Le nouvel indice ne sera instauré que quand le processus de désinflation sera achevé, a commenté Luis Caputo, ministre de l'Économie. Notre idée est que l'indice ne devrait pas être changé pour le moment. On veut comparer des poires avec des poires, des pommes avec des pommes."
Mais faute de communication de l'ex-directeur de l'Indec sur sa démission, plusieurs médias soupçonnent un retard politique, pour éviter qu'un indice actualisé, qui était prêt depuis des mois, montre une inflation réelle plus élevée. Laquelle aurait compromis les chances de Javier Milei aux élections législatives de mi-mandat d'octobre 2025, lors desquelles son parti a finalement remporté un net succès.
Des critiques sur l'indépendance statistique
La Société argentine de statistiques a exprimé sa "préoccupation" face à la décision de l'exécutif de retarder la mise en place du nouvel indice. Elle a déploré "l'atteinte à l'indépendance de l'institution" statistique Indec, et "une crédibilité affectée, tant au niveau national qu'à l'international".
Cette situation soulève des questions cruciales sur la transparence des données économiques en Argentine, dans un contexte où le gouvernement cherche à afficher des résultats positifs après des années de crise inflationniste. Les prochains mois seront déterminants pour voir si le nouvel indice sera finalement adopté et comment il impactera la perception de l'économie argentine.



