La Grèce lance un plan de soutien massif face à la crise énergétique
Le gouvernement grec a annoncé ce lundi un dispositif de subventions « ciblées » sur les carburants et les engrais, pour un montant total de 300 millions d'euros. Cette mesure exceptionnelle, dévoilée par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, vise à amortir les effets de « l'instabilité économique internationale » sur les ménages et les agriculteurs.
Une réponse à la flambée des prix du pétrole
Cette décision intervient dans un contexte de hausse spectaculaire des cours pétroliers, directement liée au conflit en Iran. Les prix de référence du baril de pétrole oscillent désormais autour de 100 dollars, marquant une augmentation de 40 à 50 % depuis le début des hostilités le 28 février dernier.
Le dispositif grec, qui s'appliquera durant les mois d'avril et mai, prévoit un soutien moyen estimé à 36 centimes par litre d'essence. « Cette mesure ciblée permettra de soulager immédiatement les budgets des familles et des exploitants agricoles », a souligné le chef du gouvernement.
Le contraste avec la position française
Cette annonce grecque s'inscrit dans un paysage européen fragmenté, où plusieurs pays ont déjà déployé des mécanismes pour limiter, voire bloquer, les prix des carburants. La France adopte cependant une posture différente : le gouvernement refuse catégoriquement de baisser les taxes sur les carburants, qui représentent 50 à 55 % du prix à la pompe.
Jeudi dernier, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l'Énergie, a justifié cette position en invoquant les contraintes budgétaires et l'engagement de réduire le déficit public à 5 % du PIB. « Nous n'avons plus les moyens du quoi qu'il en coûte, comme pendant la pandémie de Covid », a-t-elle déclaré, rappelant que le budget 2026 prévoyait de « ne pas augmenter l'impôt des Français ».
Une porte ouverte à des ajustements futurs
Malgré cette ligne ferme, le Premier ministre français a laissé entrevoir une possible évolution des mesures si la crise venait à persister. Lors d'une rencontre avec les partis politiques le 11 mars, il a assuré que le gouvernement était « prêt à faire évoluer les dispositions déjà prises » si la situation « devait durer ».
Cette divergence d'approches entre la Grèce et la France illustre les dilemmes complexes auxquels sont confrontés les gouvernements européens : comment concilier soutien immédiat aux populations, discipline budgétaire et réponse à une crise énergétique dont personne ne peut prédire la durée.



