Grandes écoles françaises: course à l'international face à la baisse démographique
Grandes écoles françaises: l'expansion internationale

Partir à l'étranger pour parachever son cursus scolaire ou améliorer son CV apparaît aujourd'hui comme le plus sûr des accélérateurs de vie et de carrière. De leur côté, les grandes écoles françaises, confrontées à la chute de la démographie étudiante et à une baisse des financements publics, multiplient les campus au-delà de l'Hexagone pour recruter de nouveaux étudiants. Toutes font le même constat, mais développent des stratégies différentes, persuadées que les classements les plus prestigieux sont désormais mondiaux. Cette course à l'exportation d'une éducation nationale au savoir-faire reconnu n'est pas sans obstacle dans un contexte géopolitique tendu où la politique des visas devient une arme. Les implantations ne s'improvisent pas et restent coûteuses dans un marché très concurrentiel. Les élèves, eux, rêvent d'horizons lointains et parfois exotiques, comme le souligne le baromètre exclusif réalisé par nos partenaires de L'Express Connect. Ils ont pris le temps de méditer Lamartine : "Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie."

L'annonce d'un nouveau campus à Dubaï suscite des réactions

L'annonce de l'ouverture d'un nouveau campus de l'École de management de Grenoble à la rentrée 2026 à Dubaï, aux Émirats arabes unis, a provoqué de vives réactions, notamment de la part de certains alumni sur les réseaux sociaux : "Et le réchauffement climatique ?", "C'est quoi la prochaine étape : spécialisation gaz de schiste ?", ou "Former aux objectifs du développement durable dans une ville où l'on construit des pistes de ski sous 50 °C, sacré défi pédagogique !" Pourtant, l'école grenobloise n'est pas la première à ouvrir une antenne dans le Golfe persique : avant elle, l'EM Normandie en 2022 et Skema Business School en 2024 l'ont précédée.

Croître à l'étranger pour faire face à la baisse démographique en France

Un pari audacieux ? "Nous souhaitons croître en taille et la démographie baisse en France, explique Philippe Monin, directeur académique de l'école de management iséroise. Nous allons poursuivre ce développement à Dubaï dès septembre prochain avec cinq de nos diplômes : un international BBA, un Global MBA et trois de nos masters of science. Ce sera un 'full campus', avec les mêmes programmes que ceux proposés sur nos sites de Grenoble et de Paris." Selon Philippe Monin, le marché de l'enseignement supérieur ne demande qu'à se développer aux EAU car les perspectives de carrière y sont très attractives pour les étudiants arabophones, français comme étrangers, mais pas seulement : "Les Émirats comptent 11 millions d'habitants dont 10 millions d'étrangers, et donc beaucoup de jeunes qui aspirent à faire des études supérieures de qualité, sans déménager. Notre école a la triple couronne (accréditée par l'AMBA, l'AACSB et l'EQUIS) et notre master en management est classé parmi les 20 meilleurs, ce qui nous assure une bonne attractivité."

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Un excellent vivier d'enseignants

Côté corps professoral, l'école dit appliquer les mêmes standards de qualité qu'en France, avec des professeurs permanents qui pourront faire le déplacement ponctuellement (il existe des vols quotidiens entre Lyon Saint-Exupéry et Dubaï), mais aussi des recrutements de docteurs formés par GEM qui vivent déjà sur place ou dans la région. "GEM peut s'appuyer sur une présence historique dans les pays du Levant ; notre Global BBA lancé il y a trente ans nous y assure un bon vivier de recrutement d'enseignants", souligne Philippe Monin. L'actualité géopolitique récente et l'embrasement de la région ne semblent guère perturber le directeur académique de GEM : "Nous restons vigilants, et avons la possibilité de proposer de l'enseignement en ligne, mais le besoin d'éducation et d'enseignement supérieur demeure, que ce soit pour les étudiants en formation initiale ou les cadres en formation continue."

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Poursuite de l'internationalisation

L'école compte d'ailleurs poursuivre son internationalisation : toujours à la rentrée 2026, elle ouvrira un "hub" (une antenne) à l'est de Londres, dans le quartier de Canary Wharf. Puis en 2027, GEM devrait ouvrir un autre campus à l'étranger, en Chine, à Chengdu, capitale du Sichuan, toujours sur le modèle "full campus" de celui de Dubaï. Le Canada est aussi en ligne de mire. De quoi faire rayonner l'école bien au-delà des Alpes.