Flyde : des drones pour livrer les yachts en Méditerranée
Certains proposent la livraison au dernier kilomètre à vélo. Pour d’autres, c’est la livraison au dernier mille nautique… et par drone. À l’instar de Flyde. La startup fondée en 2022 à Paris par Pierre Deyris veut démocratiser la livraison par drone entre les ports et les yachts au mouillage. Après plusieurs années passées à réaliser des vols tests et obtenir les autorisations de vols auprès de l’Aviation civile et de la Préfecture maritime, Flyde lance ces jours-ci ses opérations commerciales.
Une proposition de valeur innovante
La proposition de valeur ? Livrer à bord des navires de plaisance ancrés jusqu’à 7 km des côtes des objets du quotidien – 10 kg maximum de pièces techniques, provisions, médicaments, documents… – grâce à des drones électriques automatiques. « Le tout en moins de dix minutes à partir du port », assure son CEO. Si l’idée paraît toute simple, la mise en œuvre, elle, a été plus complexe car on ne fait pas voler des drones n’importe où ni n’importe comment. « Ils doivent avoir des autorisations pour emprunter un couloir aérien », précise Pierre Deyris basé à Roquebrune-Cap-Martin depuis 2023. Lequel ne peut être ouvert qu’après une analyse très stricte des risques qui dépend de la densité de population de la zone survolée, de la proximité d’un aéroport…
Des autorisations obtenues après des années de tests
Flyde a ainsi obtenu en février un protocole opérationnel avec les services de la navigation aérienne et mis en place un partenariat avec la Société des Aéroports de la Côte d’Azur. Après avoir mené des vols tests en 2022 et 2023 à Vintimille à la marina Cala del Forte [qui appartient à la Société d’Exploitation des Ports de Monaco, ndrl], Pierre Deyris et ses cinq collaborateurs ont décroché les ports Gallice à Antibes et Béal à Cannes. Monaco – Flyde a obtenu l’agrément de la Direction de l’Aviation civile –, Beaulieu et un port en Sardaigne devraient rapidement suivre. « On exploitera quatre couloirs aériens cet été mais l’an prochain, on en vise vingt partout en Méditerranée… »
Des clients ciblés : les agents maritimes
Si Flyde veut faciliter la vie des plaisanciers en leur évitant d’immobiliser des membres de l’équipage en envoyant une annexe à terre, « nos clients sont les agents maritimes qui approvisionnent déjà ces bateaux de plaisance ; nos drones permettent une livraison rapide. » La jeune pousse est aussi en lien avec les collectivités locales qui gèrent les ports. Et son dirigeant de préciser : « Nous limitons la congestion des marinas en évitant les va-et-vient des tenders. On réduit aussi la pollution visuelle et sonore pour les plaisanciers ; on verdit le yachting », analyse Pierre Deyris qui prévoit un business model sur abonnement et à la prestation.
Un chiffre d’affaires prometteur
« Cet été, on devrait réaliser un chiffre d’affaires avoisinant les 80 k€, entre 15 k€ à 20 k€ par couloir, estime-t-il. Si on en gère vingt l’an prochain, on devrait atteindre les 500 k€. » Dans sa feuille de navigation, le startupper envisage d’étendre son offre de livraison par drone aux navires marchands « qui, contrairement à la grande plaisance, naviguent toute l’année. On peut par exemple imaginer qu’ils fassent appel à Flyde pour envoyer en avance aux ports les documents administratifs. D’ici 2028, on devrait pouvoir les ravitailler en pleine navigation », se projette le CEO qui devrait réaliser une levée de fonds début 2027.
Des perspectives au-delà du maritime
Au fait, pourquoi se limiter au seul maritime ? D’autant que « le transport par drone de médicaments ou d’analyses médicales permettrait de connecter les zones montagneuses reculées. » Les couloirs s’élargissent pour Flyde…



