Le e-commerce français frôle les 200 milliards d'euros malgré un panier moyen en baisse
E-commerce : 200 milliards d'euros malgré un panier moyen en baisse

Le e-commerce français atteint une maturité historique avec près de 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires

Le commerce en ligne en France a réalisé une performance remarquable en 2025, frôlant la barre symbolique des 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Selon le bilan annuel de la Fédération de l'e-commerce (Fevad), le secteur a totalisé 196,4 milliards d'euros de ventes l'an dernier, soit une progression solide de 7%. Cette croissance s'explique principalement par une fréquence d'achat en ligne record, qui compense efficacement la baisse constatée de la dépense moyenne par transaction.

Une croissance portée par les services et un volume de transactions explosif

Le dynamisme du marché est particulièrement visible dans le segment des services, dont les ventes ont augmenté de 9% pour atteindre 120,3 milliards d'euros. Les produits, quant à eux, ont enregistré une hausse de 4%, avec 76,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Marc Lolivier, délégué général de la Fevad, souligne l'importance de ce cap : « C'est un cap symbolique important, on parle de pratiquement 7% du PIB qui est réalisé via l'e-commerce, le tout dans un contexte très incertain à la fois sur le plan politique et économique ».

Le volume de transactions a connu une augmentation spectaculaire de 10%, atteignant 3,2 milliards de commandes. « Soit plus de 100 commandes à la seconde traitées en France », se félicite Marc Lolivier. Cette explosion du nombre d'achats en ligne démontre la profonde intégration du e-commerce dans les habitudes de consommation des Français, avec désormais 8 Français sur 10 qui commandent régulièrement sur internet.

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Le panier moyen en recul : symptôme d'un phénomène d'épargne

Malgré ces chiffres impressionnants, une tendance préoccupante émerge : le panier moyen, c'est-à-dire la dépense moyenne effectuée lors d'une visite sur un site marchand, a reculé de 3% pour s'établir à 62 euros. Pour Marc Lolivier, cette baisse est « le symptôme du phénomène d'épargne. Le climat d'incertitude conduit les Français à épargner de plus en plus » et « les consommateurs sont à la recherche de petits prix ».

Cette tendance à la modération des dépenses est accentuée par deux phénomènes majeurs :

  • L'essor des sites chinois comme Temu, AliExpress ou Shein, qui proposent des produits à bas prix.
  • L'explosion du marché de la seconde main, avec des plateformes comme Vinted qui connaissent un succès grandissant.

Des secteurs performants et d'autres en difficulté

La répartition de la croissance n'est pas uniforme selon les secteurs. La mode est le domaine qui s'en sort le moins bien, avec un recul de 0,5% de ses ventes en ligne. À l'inverse, plusieurs secteurs tirent leur épingle du jeu :

  1. L'électronique et l'électroménager affichent une croissance de 5,2%.
  2. Le sport progresse de 5,1%.
  3. Le meuble et la décoration enregistrent une hausse de 3%.

L'intelligence artificielle, levier d'avenir pour le e-commerce

Malgré un ralentissement de la croissance après un bond de 9,6% en 2024, l'avenir du e-commerce français semble prometteur grâce à l'émergence de nouvelles technologies. L'intelligence artificielle générative est identifiée comme un levier de croissance majeur. Déjà utilisée par un cyberacheteur français sur trois dans son parcours d'achat en 2025 selon une étude Odoxa pour la Fevad, elle devrait connaître une adoption très rapide. Marc Lolivier prédit même qu'elle sera « une révolution sans précédent » pour le secteur.

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Le marché du commerce en ligne en France a donc atteint une maturité incontestable, avec une pénétration massive auprès des consommateurs et un poids économique considérable. Toutefois, les défis restent nombreux, notamment la nécessité de s'adapter aux nouvelles attentes des consommateurs, de plus en plus sensibles aux prix et en quête de solutions innovantes comme l'intelligence artificielle.