Thomas Cazenave élu président de Bordeaux Métropole avec le soutien des socialistes
Cazenave élu président de Bordeaux Métropole avec le PS

Élu président de la Métropole ce vendredi 24 avril, le maire de Bordeaux Thomas Cazenave a délimité la nouvelle majorité, notamment composée de 12 vice-présidents maires de droite ou du centre (sur 18), et étendue aux socialistes via l’adoption d’un projet de mandature. Doyen de l’hémicycle, le Talençais Alain Cazabonne se charge de la proclamation des résultats du vote : « Nombre de bulletins : 104. Blancs ou nuls : 20. Suffrages exprimés : 84. M. Cazenave, qui a obtenu 84 voix, est donc élu président de notre assemblée. » Sous les applaudissements, Thomas Cazenave s’avance jusqu’au siège du président de Bordeaux Métropole, en ce milieu de matinée, vendredi 24 avril. Ou la clôture d’une séquence électorale, plus d’un mois après la victoire du candidat Renaissance à l’élection municipale de Bordeaux, qui voit donc les maires socialistes rejoindre, sur la base d’un « projet métropolitain », le nouvel exécutif. Pierre Hurmic, ancien maire de Bordeaux et éphémère opposant, a, lui, fait le choix de se retirer discrètement, s’en allant en cours de séance : il a rendu sa démission dans la foulée.

Une gouvernance fondée sur un projet métropolitain

Thomas Cazenave avait exposé la veille sa gouvernance : ni « cogestion » des maires de droite et de gauche qui a longtemps prévalu, mais un peu quand même, ni « coalition partisane », à l’exemple de la majorité écolo-socialiste 2020-2026, la méthode est ici fondée sur un habile préalable, l’élaboration de ce « projet métropolitain ». Au-delà du cercle des maires de droite et du centre acquis au nouveau maire de Bordeaux, les élus écologistes et socialistes ont été invités à y contribuer ces dernières semaines. Seuls les seconds sont allés au bout de la démarche.

Un vote inédit pour le projet de mandature

Fait inédit, le texte, qui brasse toutes les thématiques sur dix pages, est lui aussi soumis au vote de ce conseil d’installation. « Ce projet de mandature est le fruit d’un travail collectif, il respecte les équilibres et les diversités de notre territoire, il fixe un cap clair et ambitieux. Je vous invite à le soutenir », appelle le président Cazenave. « Nous ne pouvons fonctionner en vase clos », poursuit Christophe Duprat, maire LR de Saint-Aubin-de-Médoc, fraîchement élu premier vice-président en charge des transports, des mobilités, des infrastructures routières et ferroviaires, prompt à vanter un « document qui ne s’est pas fait sur un coin de table, avec des partenaires qui vont nous rejoindre dans quelques instants ».

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Car, et c’est le deuxième étage de la fusée, le vote nullement accessoire dudit projet doit permettre de « définir le périmètre de la nouvelle majorité », prévient Thomas Cazenave. Résultat : 89 pour, 15 contre, le groupe socialistes et apparentés est bel et bien de la partie. Ainsi, après l’attribution de 18 vice-présidences (entre 12 maires de droite et du centre, cinq élus de la majorité municipale bordelaise et une conseillère municipale de Pessac), arrive cet essaimage de « délégations », un rang inférieur dans la hiérarchie intercommunale, qui reviennent notamment à 11 maires socialistes.

« Pas un ralliement politique »

« Il ne s’agit évidemment pas d’un ralliement politique », prévient Christine Bost, maire PS d’Eysines et prédécesseure de Thomas Cazenave à la présidence, désormais conseillère déléguée aux coopérations territoriales avec les territoires girondins. « La sincérité et la solidité des relations seront mises à l’épreuve du temps. Nous serons vigilants, exigeants mais toujours constructifs. » Sur le fond du projet métropolitain, elle revendique certaines orientations, citant notamment la LGV, « que nous soutenons sans réserve », ou l’étude d’un tramway « sur le pont Chaban-Delmas ». Et si un audit financier est annoncé, l’ex-présidente dit s’en accommoder : « C’est de bon aloi. »

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Elle justifie à nouveau le niveau d’investissements soutenu de la dernière mandature, la « corrélation entre niveau de qualité de service public et besoins en ressources humaines », non sans rappeler le « virage pris depuis plus d’un an » en matière de « maîtrise de budget et de masse salariale » : « Il faut aller plus loin, c’était prévu. » Plus tôt, Sylvie Cassou-Schotte, conseillère municipale à Mérignac et co-présidente du groupe écologiste, disait regretter la faible représentation féminine dans les rangs des vice-présidents : « cinq femmes pour 18 vice-présidences, c’est peu. »

« Club resserré » de vice-présidents

Christine Bost relève le « choix de concentrer les thématiques fortes sur un club resserré de cinq maires », en l’occurrence Christophe Duprat, Franck Raynal (Pessac), Emmanuel Sallaberry (Talence), Michel Labardin (Gradignan) et Michel Poignonec (Villenave-d’Ornon) : « Je suis soucieuse de leur charge de travail, je m’inquiète du temps consacré à la commune, même si vous pouvez imaginer, cela nourrit de secrets espoirs… » L’heure est aux sourires. Thomas Cazenave, que l’on disait sinon cassant, du moins expéditif, lui répond sur un ton égal : « Que la présidente Bost s’inquiète de la charge de travail des vice-présidents est de bon augure sur l’état d’esprit dans cet hémicycle… » Et le président ne s’émeut guère devant les précautions de Christine Bost, relayées d’ailleurs par Sébastien Saint-Pasteur, député et opposant à Pessac : « Il n’y a pas de dilution politique. On est différents, nous nous sommes retrouvés, c’est déjà beaucoup, et ce n’est pas plus que ça. »