Le ministère de l'Économie et des Finances est à la recherche de 3 milliards d'euros d'économies supplémentaires pour parvenir à boucler le budget 2026, selon une note interne révélée par Libération. Ce document alerte sur un « risque évident » de ne pas atteindre l'équilibre budgétaire si des mesures ne sont pas prises rapidement.
Des économies déjà insuffisantes
Les prévisions actuelles montrent que les économies déjà prévues ne suffisent pas à compenser les dépenses. Le déficit public pourrait ainsi dépasser les 5% du PIB en 2026, loin de l'objectif de 3% fixé par l'Union européenne. La note souligne que sans ces 3 milliards supplémentaires, le gouvernement serait contraint de réduire certains crédits ou d'augmenter les impôts.
Selon une source proche de Bercy, « les marges de manœuvre sont extrêmement limitées » et « chaque ministère devra contribuer à l'effort ». Les secteurs les plus touchés pourraient être les dépenses de fonctionnement de l'État et les subventions aux collectivités locales.
Un contexte budgétaire tendu
Cette recherche d'économies intervient dans un contexte de ralentissement économique et de hausse des taux d'intérêt, qui alourdit la charge de la dette. La France a déjà été rappelée à l'ordre par la Commission européenne pour son déficit excessif. En 2025, le déficit public devrait atteindre 5,5% du PIB, selon les dernières estimations.
Le gouvernement mise sur une croissance de 1,4% en 2026, mais les prévisions pourraient être revues à la baisse. Bercy examine donc toutes les pistes pour réduire les dépenses, y compris une éventuelle réforme des retraites ou une baisse des aides publiques.
Réactions politiques
L'opposition dénonce une gestion « irresponsable » des finances publiques. Le député socialiste Jérôme Guedj a déclaré : « Le gouvernement a creusé les déficits et maintenant il demande des sacrifices aux Français. » De son côté, la majorité relativise : « Nous faisons face à des circonstances exceptionnelles, mais nous tenons nos engagements européens », a affirmé le ministre délégué aux Comptes publics, Thomas Cazenave.
Les syndicats redoutent des coupes dans les services publics. La CGT a appelé à une journée de mobilisation en septembre pour protester contre ces économies. Le gouvernement assure vouloir privilégier les économies structurelles plutôt que des coupes linéaires.
Vers un projet de loi de finances rectificatif ?
Si les 3 milliards ne sont pas trouvés, Bercy pourrait être contraint de présenter un projet de loi de finances rectificatif dès l'automne. Cela entraînerait un débat parlementaire tendu, alors que le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale.
La note interne précise que sans ces économies, « le risque de ne pas boucler le budget 2026 est évident ». Une situation qui pourrait conduire à une nouvelle dégradation de la note de la France par les agences de notation, déjà abaissée en 2024 par S&P et Fitch.



