« Finito » la politique pour Emmanuel Macron. Ce jeudi, le président de la République a déclaré « je n’ai pas fait de politique avant et je n’en ferai pas après » lors d’un échange avec des élèves à l’école franco-chypriote de Nicosie. Manu, le premier de la cordée « France », s’apprêterait donc à laisser le lead et redescendre dans l’arène du monde du travail. Mais pour quoi faire ?
Un retour chez Rothschild ?
« S’il veut retrouver un emploi, il n’a qu’à traverser la rue », lance à 20 Minutes un « chasseur de têtes » recruteur de talents et de hauts dirigeants, reprenant à son compte une des petites phrases lâchées par Emmanuel Macron au cours de sa décennie à la tête de l’État. Sitôt dit, sitôt fait et joignant le geste à la parole, Emmanuel Macron pourrait bien n’avoir effectivement qu’une seule rue à traverser, une fois sorti du palais de l’Élysée. Son précédent employeur, la banque Edmond de Rothschild, dispose d’une discrète adresse au 47, rue du Faubourg Saint-Honoré, soit à seulement sept numéros de son actuel bureau. Pratique, mais peut-être finalement trop proche. Cela pourrait donner le sentiment d’avancer en marche arrière et au « Mozart de la finance », fort des déficits budgétaires de ses mandats, de faire fausse note.
Galeriste malgré son « mauvais goût » ?
S’il décline cette honnête proposition ou qu’il ne fait pas l’affaire, en faisant quelques pas, il peut tenter sa chance dans plusieurs galeries d’art ou magasins de vêtements de luxe. À en juger par un article nourri de Vanity Fair publié en 2023 interrogeant le « mauvais goût » du président en matière d’arts, un Macron marchand d’art ne semble pas promis à un grand avenir. « Il n’est pas, non plus, un grand aventurier de l’esthétique. C’est en tout cas l’avis – en off, s’entend – d’un certain nombre de galeristes et collectionneurs », rapportait le magazine. Si fidèle à ce jugement sévère, Opera Gallery recale le président, ce dernier peut raisonnablement se montrer optimiste pour une éventuelle embauche par sa voisine, la galerie Orlinski. Son créateur, Richard Orlinsky, connu notamment pour ses sculptures de primates, est, toujours selon Vanity Fair, un « proche de Brigitte Macron » avec « quatre de ses créations animalières à l’Élysée ». Pour nourrir son CV, Emmanuel Macron pourra par ailleurs faire valoir sa commande, à l’époque du Covid, d’un fonds artistique « Mondes Nouveaux », doté de 30 millions d’euros.
Parler de politique, faute d’en faire ?
« Ce que font beaucoup d’ex-politiques, c’est de continuer à parler politique en donnant des conférences », observe encore notre cabinet de recrutement qui tient à l’anonymat. Comme Nicolas Sarkozy, à qui il est arrivé de distiller contre rémunérations ses expériences, aux invitations d’Abu Dhabi ou de Moscou, de Goldman Sachs ou de la Banque nationale du Qatar. Une activité qu’on imagine Emmanuel Macron pouvoir apprécier. Entre un sens du spectacle « for sure » et son vocabulaire joyeusement désuet, Macron a de quoi ripoliner le métier de conférencier et compte sur quelques sérieux événements pour monnayer son expertise : « On a quand même traversé de drôles de périodes, quoi… Les "gilets jaunes", le Covid-19, la guerre en Ukraine, les troubles géopolitiques, le Groenland, l’inflation et j’en passe », confiait à Brut Emmanuel Macron, trois semaines avant le début de la guerre en Iran. De quoi allonger le champ de ses expériences et enseignements à partager à un auditoire sur fauteuil en velours.
Président de l’OM, son « dream job » caché ?
Il est à l’inverse un public debout sur leur siège qu’Emmanuel Macron pourrait rêver servir en accédant à la présidence de l’OM, son « dream job » secret en bon fan assumé (et semble-t-il sincère quoique un peu mis en scène). Gageons à ce titre qu’avoir sur son CV une ligne « à négocier avec Trump, Poutine & Co » sera un sérieux atout au moment de conclure un transfert ou d’échange avec des clubs de supporters. Aussi, sa gouvernance budgétaire chroniquement déficitaire ne semble pas ici être un obstacle, à l’inverse de la plus problématique réception, accompagné de chaleureuses félicitations des joueurs du PSG vainqueurs de la Ligue des champions. À regret toutefois de lui annoncer que le boulot a été récemment pourvu en la personne de Stéphane Richard, venu remplacer Pablo Longoria.
« Président de l’Europe » ?
Dernière proposition, colportée notamment par Challenges, qui envoie Emmanuel Macron à un hypothétique poste de « Président de l’Europe » ou à celui déjà existant de présidence de la Commission européenne, un mandat non électif, actuellement occupée par Ursula van der Leyen. « Ceux qui ont eu du pouvoir veulent généralement le conserver. Ils aiment ça », conclut notre spécialiste. Voilà que Macron se dédirait alors, en restant finalement dans le champ politique. Ce ne serait pas une première et n’est-ce pas là une qualité requise ?



