La holding industrielle ACI Group placée en liquidation judiciaire par le tribunal de Lyon
Le Tribunal des activités économiques (TAE) de Lyon a prononcé, ce mardi 10 mars, la liquidation judiciaire de la holding industrielle ACI Group. Cette décision marque un tournant dramatique pour cette structure créée en 2019 par l'entrepreneur Philippe Rivière.
Une expansion rapide suivie d'une chute brutale
ACI Group s'était développée à un rythme effréné en rachetant, en quelques années seulement, une trentaine d'entreprises industrielles. Ces acquisitions concernaient principalement des sociétés de sous-traitance opérant dans des secteurs stratégiques comme l'aéronautique, le nucléaire et l'automobile. À son apogée, le groupe employait jusqu'à 1.450 salariés sur le territoire français, représentant une force industrielle significative.
La descente aux enfers a commencé en septembre dernier lorsque ACI Group a été placée en redressement judiciaire. Depuis l'ouverture de cette procédure collective, la plupart des filiales ont déjà été vendues ou liquidées. Certaines unités restent encore en cours de cession, mais l'essentiel du tissu industriel assemblé par la holding a déjà été démantelé.
L'absence de financements promis pointée du doigt
Pour les représentants syndicaux, la décision de liquidation s'explique principalement par le défaut de financement. « Le tribunal vient de prononcer la liquidation de la holding car, une fois encore, son président n'a pas été en mesure d'apporter les financements promis », a déclaré Samy Tabti, délégué syndical CGT. Cette absence de capitaux frais a scellé le sort de l'entreprise devant les juges lyonnais.
La stratégie d'acquisitions menée depuis 2019 avait été vivement critiquée par les organisations syndicales. Ces dernières accusaient Philippe Rivière d'avoir « siphonné » la trésorerie des filiales au profit de la holding mère, affaiblissant ainsi la santé financière de l'ensemble du groupe.
Appel annoncé et enquête pénale en cours
La décision de liquidation ne sera cependant pas acceptée sans combat. « Nous allons faire appel de la liquidation », a immédiatement indiqué Me Gauthier Doré, avocat du cofondateur Philippe Rivière. Cette annonce laisse entrevoir une bataille juridique prolongée autour du destin de ce qui reste d'ACI Group.
Parallèlement, le fondateur fait face à des difficultés judiciaires plus personnelles. Deux plaintes ont conduit à l'ouverture d'une enquête pénale pour abus de biens sociaux le visant directement. Ces procédures ajoutent une dimension supplémentaire à la complexité déjà grande de ce dossier industriel et financier.
L'affaire ACI Group illustre les risques d'une croissance trop rapide par acquisitions, surtout lorsque celle-ci n'est pas soutenue par une trésorerie solide et une gestion transparente. Les 1.450 emplois directement concernés, ainsi que l'ensemble du tissu industriel régional, paient aujourd'hui le prix de cette aventure entrepreneuriale tournée au fiasco judiciaire.



