Sandrine Couturier, rescapée de Bruxelles : « Parfois, j'aurais préféré ne pas survivre »
Rescapée de Bruxelles : « J'aurais préféré ne pas survivre »

Sandrine Couturier, survivante des attentats de Bruxelles : un témoignage poignant dix ans après

Le 22 mars 2016, une série d'attentats terroristes frappe l'aéroport et le métro de Bruxelles, faisant 32 morts et 340 blessés. Sandrine Couturier, alors âgée de 47 ans et directrice d'association, se trouvait dans le deuxième wagon du métro en direction de Maelbeek, précisément là où l'un des kamikazes s'est fait exploser. Aujourd'hui, dix ans plus tard, elle livre un témoignage bouleversant sur son parcours de reconstruction et révèle comment la justice restaurative l'a empêchée de sombrer dans la haine.

Un matin qui a tout basculé

Sandrine Couturier se souvient avec une précision glaçante de cette journée fatidique. « Le 22 mars 2016, au petit déjeuner, j'apprends à la radio qu'une explosion vient d'avoir lieu à l'aéroport. À ce moment, on ne sait pas encore qu'il s'agit d'un attentat terroriste », raconte-t-elle. En partant de chez elle pour aller travailler, elle avait le cœur léger, anticipant des réunions professionnelles intéressantes. Mais le destin en a décidé autrement.

Montée dans le métro, elle ignore qu'elle partage la même rame que l'un des terroristes. L'explosion survient, plongeant les survivants dans le chaos et l'horreur. « Parfois, j'ai le sentiment que j'aurais préféré ne pas avoir survécu », confie-t-elle aujourd'hui, évoquant le poids psychologique immense qui a suivi.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La lente reconstruction grâce à la justice restaurative

Depuis 2018, Sandrine Couturier participe activement au groupe de travail « Retissons du lien », une initiative qui rassemble :

  • Des victimes des attentats de Paris et de Bruxelles
  • Leurs familles
  • Des éducateurs sociaux
  • Des parents de jeunes partis en Syrie

Ce cadre lui a permis de ne pas céder à la terreur ni à la haine. La justice restaurative, centrée sur la réparation des préjudices et le dialogue, a été un pilier essentiel de sa guérison. Elle explique que cette approche l'a aidée à comprendre, sans excuser, les raisons qui ont poussé ses bourreaux à sombrer dans l'ultra-violence.

Une ambition : comprendre pour prévenir

Aujourd'hui, Sandrine Couturier nourrit une ambition profonde : contribuer à la prévention de la radicalisation en partageant son expérience. Elle insiste sur l'importance de :

  1. Créer des espaces de parole pour les victimes
  2. Favoriser le dialogue entre différentes parties de la société
  3. Développer des programmes éducatifs sur la tolérance

Son témoignage, recueilli par Théo Eberhardt et publié le 22 mars 2026, intervient alors que l'on commémore le dixième anniversaire de ces attaques. Il rappelle que derrière les chiffres et les dates, il y a des vies brisées qui tentent de se reconstruire, jour après jour.

Sandrine Couturier, photographiée à Bruxelles le 13 février 2026, incarne cette résilience fragile mais tenace. Son parcours montre que même dans les ténèbres du terrorisme, des lueurs d'humanité peuvent persister, portées par des initiatives comme « Retissons du lien ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale