Menace iranienne sur les côtes californiennes : le FBI avait alerté avant les frappes
Avant même le déclenchement des frappes israélo-américaines contre l'Iran, le FBI avait secrètement averti les autorités locales de Californie concernant un risque d'attaque surprise au large des côtes pacifiques. Cette alerte, transmise fin février, évoquait spécifiquement la possibilité d'une attaque de drones lancés depuis un navire, dans le cadre d'un scénario de représailles envisagé par Téhéran.
Une note confidentielle révélée en pleine escalade
La note du FBI, dévoilée mi-mars par la chaîne ABC News, précisait que l'Iran pourrait mettre en œuvre ce plan « dans l'éventualité où les États-Unis lanceraient des frappes contre le pays ». Cette révélation intervient dans un contexte de tensions extrêmes au Moyen-Orient, où l'ombre d'une riposte iranienne plane désormais jusqu'au territoire américain.
Des réactions contrastées à Washington et Sacramento
À la Maison-Blanche, l'ancien président Donald Trump a balayé ces inquiétudes d'un laconique « non » lorsqu'il a été interrogé sur la menace. À l'inverse, le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a adopté une posture beaucoup plus prudente : « Bien que nous n'ayons connaissance d'aucune menace imminente pour le moment, nous restons préparés à toute éventualité dans notre État. »
La présence iranienne en Amérique latine, un facteur aggravant
Pour John Cohen, ancien responsable du renseignement au département de la sécurité intérieure, la menace est sérieuse et ne doit pas être sous-estimée. « Nous savons que l'Iran est fortement présent au Mexique et en Amérique du Sud, qu'il entretient des relations, qu'il possède des drones et qu'il a désormais tout intérêt à mener des attaques », a-t-il déclaré. Les drones, déjà utilisés par divers groupes armés, constituent effectivement l'un des scénarios de représailles les plus étudiés par les analystes.
L'hypothèse inquiétante des agents dormants
Les services de renseignement américains surveillent également avec attention l'éventuelle présence d'agents clandestins iraniens sur le sol national. Après l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei fin février, de mystérieuses émissions radio codées auraient été détectées aux États-Unis. Un mode de communication rappelant la guerre froide, qui pourrait, selon certains experts, servir de signal d'activation à des « cellules dormantes ».
« Les cellules dormantes ont toujours été une source d'inquiétude en ce qui concerne les Iraniens et leurs alliés », rappelle Horace Frank, ancien responsable antiterroriste de la police de Los Angeles.
Un contre-espionnage américain fragilisé
Cette menace potentielle survient à un moment où le dispositif américain de contre-espionnage apparaît particulièrement vulnérable. Selon plusieurs médias américains, une douzaine d'agents spécialisés dans la surveillance des activités iraniennes ont récemment été limogés par la direction du FBI. Ces renvois s'ajoutent à la réaffectation controversée de nombreux agents vers la lutte contre l'immigration illégale.
Pour Larry Pfeiffer, ancien directeur de la salle de crise de la Maison-Blanche sous Barack Obama, les conséquences pourraient être directes et graves : « Tout cela me laisse penser que, dès le début de cette guerre, nous aurons beaucoup moins de personnes mobilisées sur les menaces venant de pays comme l'Iran. »
Antécédents d'opérations clandestines iraniennes
Les services de sécurité américains rappellent par ailleurs que Téhéran a déjà été accusé d'avoir tenté plusieurs opérations clandestines sur le sol américain par le passé. Un membre des Gardiens de la révolution, Shahram Poursafi, est toujours activement recherché pour avoir tenté de commanditer l'assassinat de l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton.
Plus récemment, un ressortissant pakistanais accusé d'avoir voulu recruter des tueurs à gage pour éliminer Donald Trump a été reconnu coupable par un jury fédéral. « Cet homme est arrivé sur le sol américain dans l'espoir d'assassiner le président Trump ; au lieu de cela, il s'est heurté à la puissance des forces de l'ordre américaines », a déclaré la procureure générale Pamela Bondi.
Dans ce conflit qui s'étend bien au-delà des champs de bataille traditionnels du Moyen-Orient, Washington redoute désormais que les représailles iraniennes empruntent des chemins plus discrets – et parfois beaucoup plus proches du cœur du territoire national. La Californie, avec ses vastes côtes et sa proximité géographique avec l'Amérique latine, apparaît comme une cible potentielle particulièrement exposée.



