Macron met en garde contre le "Far West" des cryptomonnaies
Le président français Emmanuel Macron a lancé un appel pressant à la régulation des cryptomonnaies, mardi 19 mai, lors de la clôture de la cinquième conférence internationale "No Money for Terror" à Paris. Il a souligné les risques de détournement de ces actifs numériques par des réseaux terroristes et criminels, plaidant pour une coopération internationale renforcée.
"Il n'y a pas de monde soutenable en paix, de régulation et de stabilité financière pour nos pays, si en quelque sorte nous réinventons un Far West", a-t-il déclaré, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7. Il a rappelé que le monde financier avait déjà connu une absence de régulation, menant à des crises, et que des règles de transparence avaient été mises en place pour traquer les flux illicites.
Ne pas laisser d'opportunités aux criminels
"Ne laissons pas s'installer autour des cryptoactifs une forme d'opportunités pour les criminels et les terroristes", a insisté Macron. Il a souligné que ces innovations financières, reposant sur le pseudonymat, favorisent l'opacité et peuvent être détournées. "Si nous laissons un continent émergent totalement hors de régulation, de facto nous serons complices d'activités terroristes ou de criminalités organisées", a-t-il prévenu avec gravité.
Trois priorités pour lutter contre le financement du terrorisme
Cette mise en garde s'inscrit dans les trois priorités énoncées par le président pour la lutte contre le financement du terrorisme. La première est la régulation des cryptoactifs. La deuxième concerne les interactions entre terrorisme et criminalité organisée. "Il nous faut maintenant bâtir des coopérations nouvelles pour renforcer notre action", en évitant les approches en silo, a-t-il plaidé.
La troisième priorité est la réinsertion financière des territoires libérés de l'emprise terroriste. "À chaque fois qu'on gagne contre un groupe terroriste, si derrière le développement économique, la normalisation politique et administrative ne s'installe pas, les groupes terroristes reviennent", a-t-il expliqué, citant l'exemple du Sahel.



