Un attentat qui tourne au drame pour ses auteurs
Le 25 mars 1980, un peu avant 16 heures, une explosion retentit dans la cour de l'hôpital Saint-Léon à Bayonne. La bombe, destinée à la Peugeot 104 blanche de Mme Jean Biacabe, femme du sous-préfet et assistante sociale au service psychiatrique, n'atteint pas sa cible. Par chance, la cour était vide au moment de la déflagration. Les seules victimes sont les deux auteurs de ce projet néfaste, membres du groupe terroriste indépendantiste basque Iparretarrak.
Une scène de carnage dans l'enceinte hospitalière
Le personnel soignant, les visiteurs et les policiers découvrent un spectacle d'horreur. Des débris humains sont éparpillés dans la cour, dans une cour voisine et jusqu'au second étage d'un immeuble voisin. Les traces de l'explosion s'étendent sur un rayon de cent mètres, témoignant de la puissance destructrice de l'engin explosif.
Une identification rapide des terroristes
Les enquêteurs retrouvent rapidement la voiture utilisée par les deux hommes : une Renault 6 endommagée, garée dans la cour et immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques. À l'intérieur, les policiers découvrent un arsenal comprenant un pistolet, des chargeurs, des détonateurs et des documents traitant de la lutte armée en Pays Basque-Nord.
La signature d'Iparretarrak, qui signifie en basque « ceux du nord », est évidente. Une pièce d'identité au nom de Dominique Olhagarray d'Itxassou est également saisie. Le lendemain, les auteurs sont formellement identifiés : Dominique Olhagarray, 22 ans, agriculteur à Itxassou, et Ramon Aruiz, dit « Ramuntcho », Basque espagnol naturalisé français né à Pampelune le 26 janvier 1956.
Une revendication et des explications troublantes
Le 27 mars 1980, une lettre dactylographiée est envoyée à l'agence de Bayonne du journal Sud Ouest. Iparretarrak revendique les événements et explique que l'objectif était de remplacer la roue de secours de la voiture par une roue piégée qui devait exploser onze heures plus tard, vers 2 heures du matin, alors que le véhicule se trouverait dans le garage de la sous-préfecture.
Le groupe précise que le garage était situé sous les bureaux et non sous l'appartement du sous-préfet, et qu'« en aucun cas la personne de Mme Biacabe ni celle du sous-préfet n'étaient visées ».
Un sinistre anniversaire un an plus tard
Le 26 mars 1981, exactement un an après l'attentat manqué de l'hôpital de Bayonne, l'explosif parle à nouveau au Pays basque. En moins d'une heure, quatre bombes explosent à Bayonne, Ciboure et Saint-Palais, causant des dégâts considérables.
Quatre déflagrations en série
À Bayonne, entre 2h37 et 2h57, deux explosions ravagent le groupe scolaire des Arènes (face au Palais de justice) et le siège de l'Union patronale de Bayonne et du Pays basque.
À Ciboure, dix minutes plus tard, la troisième déflagration souffle les installations du Yacht-club basque sur les quais du port de plaisance de Larraldenia, pour la deuxième fois après 1978.
À Saint-Palais, dans le même temps, le village de vacances d'Aïcirits subit de gros dégâts suite à une explosion de forte puissance.
Des cibles symboliques et un message clair
Ces actions terroristes, dont les cibles représentent les institutions auxquelles s'opposent les militants (patronat, tourisme, Éducation nationale), font écho aux affichettes placardées à Biarritz et Bayonne : « Txomin et Ramuntxo, nous ne vous oublions pas » en référence aux deux militants tués un an plus tôt. Le message se poursuit par « Nous poursuivrons le combat que vous avez commencé... », marquant un bien sinistre anniversaire de l'attentat raté de l'hôpital de Bayonne.



