Alors que Cuba semble entrer dans une nouvelle ère après le départ officiel de Raúl Castro de la présidence, la réalité est plus nuancée. L'ancien leader, âgé de 94 ans, continue de tirer les ficelles dans l'ombre, conservant une influence prépondérante sur les décisions politiques et économiques du pays.
Un contrôle discret mais réel
Bien que Miguel Díaz-Canel occupe officiellement le poste de président, Raúl Castro reste le secrétaire général du Parti communiste cubain, une position qui lui confère un pouvoir considérable. Il supervise les nominations clés et oriente les grandes réformes, notamment celles liées à l'ouverture économique limitée.
Les rouages du pouvoir
Le système politique cubain est conçu de telle sorte que le parti domine l'État. Raúl Castro, en tant que chef du parti, contrôle l'armée, les services de sécurité et les médias d'État. Cette structure lui permet de maintenir une emprise solide sur le pays, même sans occuper la présidence.
Une transition sous surveillance
La transition de pouvoir, amorcée en 2018, est souvent perçue comme un simple changement de visage. Les observateurs notent que Díaz-Canel consulte fréquemment Raúl Castro pour les décisions majeures, notamment en matière de politique étrangère et de gestion de la crise économique.
Les défis économiques
Cuba fait face à une grave crise économique, aggravée par les sanctions américaines et la pandémie de Covid-19. Raúl Castro privilégie une approche prudente, refusant des réformes trop radicales qui pourraient menacer la stabilité du régime. Cette stratégie conserve le soutien des loyalistes mais freine le développement.
Un héritage contesté
L'influence persistante de Raúl Castro suscite des critiques, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Les dissidents dénoncent un manque de véritable démocratie, tandis que les États-Unis maintiennent une pression constante. Pourtant, pour de nombreux Cubains, la figure de Raúl Castro reste synonyme de continuité et de résistance face à l'adversité.
En conclusion, le pouvoir à Cuba reste largement entre les mains de Raúl Castro, qui continue de guider le pays selon sa vision, même depuis l'ombre. La question de sa succession véritable et de l'avenir politique de l'île demeure ouverte.



