Une proclamation historique à l'Assemblée générale des Nations Unies
Ce mercredi 25 mars 2026, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution d'une portée symbolique considérable, qualifiant la traite des Africains et l'esclavage racialisé de « plus graves crimes contre l'humanité ». Bien que non contraignant sur le plan juridique, ce texte marque un tournant dans la reconnaissance internationale de cette tragédie historique.
Un vote révélateur de fractures diplomatiques profondes
Le texte, porté avec détermination par le Ghana et l'Union africaine, a recueilli 123 voix favorables. Cependant, ce scrutin a mis en lumière une division majeure avec les puissances occidentales. Les États-Unis ont voté contre cette résolution, tandis que la France et l'Union européenne ont choisi l'abstention, créant ainsi une ligne de fracture diplomatique visible.
Le président ghanéen John Mahama, présent à New York pour l'occasion, a salué cette proclamation comme un « garde-fou contre l'oubli ». Il a insisté sur la nécessité de cette résolution pour « proclamer la vérité et poursuivre le chemin vers la guérison et la justice réparatrice ». Le dirigeant africain a particulièrement ciblé certaines politiques éducatives actuelles, notamment aux États-Unis, qui tendraient selon lui à « normaliser tout doucement l'effacement » de cette page sombre de l'histoire dans les programmes scolaires.
Le secrétaire général de l'ONU appuie la démarche
Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, a soutenu cette initiative en rappelant que les bénéficiaires de la traite avaient construit une « idéologie raciste » pour justifier leurs actes. Il a appelé à un travail approfondi pour la vérité et la réparation face aux blessures persistantes d'un « ordre mondial pervers » dont les séquelles demeurent visibles dans les sociétés contemporaines.
La question épineuse des réparations financières
La résolution ne se limite pas à une condamnation morale. Elle appelle explicitement les États à s'engager dans un processus de réparation incluant des excuses formelles et des compensations financières. C'est précisément cet aspect qui a cristallisé l'opposition des États-Unis.
Le représentant américain Dan Negrea a justifié le vote négatif de son pays non par un déni de la gravité des faits, mais par un refus juridique : « Les États-Unis ne reconnaissent pas le droit légal à des réparations pour des torts historiques qui n'étaient pas illégaux en vertu du droit international à l'époque ».
La position française et la réponse ghanéenne
La France, par la voix de son représentant Sylvain Fournel, a justifié son abstention par la crainte que cette résolution ne crée une « compétition entre tragédies historiques » en établissant une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité.
Cet argument a été fermement rejeté par la diplomatie ghanéenne. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a martelé que la traite transatlantique demeurait une injustice « sans équivalent par sa durée et son caractère systémique ». Tout en affirmant « Nous ne classons pas la douleur », il a précisé que l'Afrique attend désormais des excuses formelles et non des « excuses molles ».
Cette résolution historique, bien que symbolique, ouvre un nouveau chapitre dans le débat international sur la mémoire de la traite des esclaves africains et les demandes de réparations. Elle place désormais les États occidentaux face à leurs responsabilités historiques et à la nécessité de répondre aux attentes légitimes des nations africaines.



