Sri Lanka supprime les retraites des députés, une mesure symbolique contre les privilèges
Sri Lanka : fin des retraites pour les députés et leurs veuves

Le Sri Lanka met fin aux retraites des députés et de leurs veuves

Alors que dans de nombreux pays, les retraités ayant exercé un mandat de député bénéficient souvent d'avantages complémentaires, le Sri Lanka a pris une décision radicale. Ce mardi, le Parlement a officiellement supprimé les retraites de tous les députés et de leurs veuves. Cette mesure historique s'inscrit dans l'engagement du gouvernement de gauche du président Anura Kumara Dissanayake de réduire significativement les privilèges accordés aux personnalités politiques.

Une loi vieille de 49 ans abrogée

Le gouvernement a procédé à l'abrogation de la loi sur les retraites parlementaires, un texte en vigueur depuis quarante-neuf ans. Cette décision intervient seulement quelques mois après le retrait des logements, véhicules et milliers de gardes du corps accordés aux anciens chefs de l'État. La Chambre, composée de 225 membres et où le parti au pouvoir dispose d'une confortable majorité des deux tiers, a voté cette abrogation par 154 voix pour et seulement deux contre.

L'opposition dénonce une mesure risquée

Le chef de l'opposition, Sajith Premadasa, s'est fermement opposé à cette suppression. Il a argumenté qu'une telle retraite était essentielle pour garantir la sécurité sociale des élus après la fin de leurs fonctions. Selon la loi de 1977 désormais abrogée, les députés avaient droit à une retraite après seulement cinq ans de service, tandis que les autres fonctionnaires devaient accomplir dix années de service pour bénéficier d'un droit similaire.

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La réduction des privilèges présidentiels

En septembre dernier, le gouvernement avait déjà présenté un projet de loi visant à supprimer les privilèges des anciens présidents. Cette initiative faisait suite au refus de l'ancien chef de l'État Mahinda Rajapaksa de quitter une résidence gouvernementale. Les anciens présidents bénéficiaient auparavant de :

  • Des véhicules de luxe avec carburant financé par l'État
  • Du personnel de secrétariat dédié
  • Une sécurité personnelle importante

Ces avantages ont désormais été considérablement réduits, marquant un tournant dans la culture politique du pays.

Les dépenses controversées de l'ère Rajapaksa

En 2021, alors qu'il occupait le poste de Premier ministre, Mahinda Rajapaksa aurait dépensé environ 800 millions de roupies, soit l'équivalent de 2,67 millions de dollars, en fonds publics pour rénover une résidence d'État. Il s'était installé dans cette demeure après avoir quitté ses fonctions. Son jeune frère, Gotabaya Rajapaksa, contraint de démissionner de la présidence en 2022 suite à des allégations de mauvaise gestion économique et de corruption, a quant à lui quitté une résidence d'État après un bref séjour suivant sa démission.

Cette série de mesures représente un changement majeur dans la gestion des avantages accordés aux anciens responsables politiques au Sri Lanka. Le gouvernement actuel semble déterminé à rompre avec les pratiques du passé, dans un contexte économique difficile et face à des demandes croissantes de transparence et d'austérité dans la vie publique.

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