ONU : Michelle Bachelet, Rafael Grossi, Rebeca Grynspan et Macky Sall en audition pour le poste de secrétaire général
ONU : les quatre candidats auditionnés pour succéder à Antonio Guterres

ONU : le grand oral des quatre candidats pour succéder à Antonio Guterres

Cette semaine marque une étape cruciale dans le processus de sélection du prochain secrétaire général des Nations Unies. Les quatre candidats officiellement déclarés, Michelle Bachelet, Rafael Grossi, Rebeca Grynspan et Macky Sall, sont soumis à un grand oral public les mardi 21 et merdercredi 22 avril 2026. Cette audition, organisée devant les 193 États membres et des représentants de la société civile, constitue une phase préliminaire essentielle avant la désignation finale.

Un processus de transparence renouvelé

Il s'agit seulement de la deuxième fois que l'ONU met en œuvre cette procédure d'audition publique, instaurée en 2016 pour accroître la transparence du processus de nomination. Chaque candidat dispose de trois heures pour répondre aux questions, exposant ainsi sa vision pour une organisation internationale confrontée à de multiples crises. Le prochain secrétaire général devra prendre ses fonctions le 1er janvier 2027, succédant à Antonio Guterres dont le mandat arrive à terme.

Les enjeux géopolitiques de la succession

L'ambassadeur américain Mike Waltz a clairement indiqué que le candidat retenu devra être aligné sur les valeurs et les intérêts américains. En réalité, ce sont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité – États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France – qui détiennent le pouvoir décisif dans cette élection. Parallèlement, de nombreux États membres plaident pour l'élection d'une femme à la tête de l'organisation, ce qui serait une première historique. L'Amérique latine revendique également ce poste, s'appuyant sur une tradition de rotation géographique au sein des institutions onusiennes.

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Portrait des quatre prétendants

Michelle Bachelet, âgée de 74 ans, est une figure politique chilienne de premier plan. Ancienne présidente du Chili à deux reprises (2006-2010 et 2014-2018), elle a également dirigé le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme de 2016 à 2022. Son mandat a été marqué par des tensions, notamment avec la Chine après la publication d'un rapport critique sur la situation des Ouïghours. Sa candidature est soutenue par le Mexique et le Brésil, bien que son propre pays, le Chili, ait retiré son appui suite à l'élection du président d'extrême droite José Antonio Kast.

Rafael Grossi, diplomate argentin de 65 ans, occupe depuis 2019 le poste de directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Il a été directement impliqué dans des dossiers sensibles tels que le programme nucléaire iranien et la sécurisation de la centrale de Zaporijjia. Son discours met l'accent sur un retour de l'ONU à ses fondements originels, une position qui trouve un écho favorable auprès de l'ancienne administration Trump.

Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, dirige actuellement la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Bien que moins connue du grand public, elle a joué un rôle clé dans la négociation de l'Initiative de la mer Noire en 2022, facilitant les exportations de céréales ukrainiennes. Fille de parents juifs survivants de l'Holocauste, elle insiste sur son attachement indéfectible à la Charte des Nations Unies, née des cendres de la Seconde Guerre mondiale.

Macky Sall, ancien président du Sénégal (2012-2024), est le seul candidat non latino-américain en lice. Âgé de 64 ans, il met en avant le lien intrinsèque entre paix et développement durable. Sa candidature, portée par le Burundi qui assure la présidence tournante de l'Union africaine, rencontre cependant des résistances. Vingt des cinquante-cinq pays membres de l'UA s'y sont opposés, et les autorités sénégalaises actuelles l'accusent d'avoir réprimé violemment des manifestations politiques entre 2021 et 2024, faisant des dizaines de victimes.

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Une décision aux implications mondiales

Le choix du prochain secrétaire général de l'ONU intervient à un moment particulièrement critique pour l'organisation internationale, confrontée à des défis multidimensionnels allant des conflits armés aux crises climatiques. Les auditions de cette semaine offrent une vitrine unique pour évaluer la capacité des candidats à naviguer dans ce paysage géopolitique complexe et à redynamiser le rôle des Nations Unies sur la scène mondiale.