L'ONU dénonce une annexion progressive de la Cisjordanie par Israël
Rosemary DiCarlo, une haute responsable des Nations unies, a lancé une mise en garde sévère mercredi 18 février 2026. Lors d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la question palestinienne, elle a estimé que les mesures prises par Israël pour renforcer son contrôle sur les zones de Cisjordanie administrées par l'Autorité palestinienne équivalaient à une annexion progressive de facto.
Des mesures unilatérales qui transforment la réalité sur le terrain
« Nous assistons à une annexion progressive de facto de la Cisjordanie, alors que des mesures unilatérales israéliennes transforment progressivement la réalité sur le terrain », a déclaré la secrétaire générale adjointe de l'ONU. Depuis le début du mois, Israël a mis en œuvre une série d'actions visant à accroître son emprise sur la Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967, y compris dans des secteurs administrés par l'Autorité palestinienne en vertu des accords d'Oslo des années 1990, aujourd'hui largement inopérants.
Rosemary DiCarlo a précisé ses craintes : « Si elles sont mises en œuvre, ces mesures constitueraient une extension dangereuse de l'autorité civile israélienne en Cisjordanie occupée, y compris dans des zones sensibles comme Hébron. » Elle a également alerté sur « une expansion des colonies en supprimant des obstacles bureaucratiques et en facilitant les achats de terrains ainsi que l'octroi de permis de construire ».
Condamnations internationales et défense israélienne
La position de l'ONU a été renforcée par une déclaration commune de 85 États membres mardi, qui ont fermement condamné l'adoption par Israël de mesures visant à « étendre [sa] présence illégale » en Cisjordanie. Cette condamnation collective souligne l'inquiétude croissante de la communauté internationale face aux actions israéliennes.
En réponse, le ministre des affaires étrangères israélien, Gideon Saar, s'exprimant à New York, a défendu vigoureusement la position de son pays. « [Il est] étonnant que tant de pays affirment que la présence juive dans notre patrie ancestrale viole le droit international. Aucune autre nation, nulle part ailleurs dans le monde, n'a un droit plus fort que notre droit historique et attesté sur la terre de la Bible », a-t-il déclaré, rejetant les accusations d'illégalité.
Un contexte de colonisation intensifiée
La colonisation israélienne en Cisjordanie n'est pas un phénomène nouveau, ayant persisté sous tous les gouvernements depuis 1967. Cependant, elle connaît une accélération notable sous l'actuel gouvernement de Benyamin Nétanyahou, considéré comme l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël. Cette intensification alimente les tensions et complique les perspectives de paix dans la région.
Les déclarations de Rosemary DiCarlo et les condamnations internationales mettent en lumière une situation de plus en plus préoccupante, où les actions unilatérales risquent de saper davantage les bases déjà fragiles d'une résolution durable du conflit israélo-palestinien.



