Violette, 90 ans, Palestinienne : quatre générations de femmes face aux guerres du Liban
Violette, 90 ans, Palestinienne : quatre générations face aux guerres

Violette, 90 ans, Palestinienne : quatre générations de femmes face aux guerres du Liban

Dans un appartement de Beyrouth, les valises ne sont pas encore défaites. Vingt personnes, un clan entier, se sont regroupées ici après avoir été forcées d'évacuer le Sud-Liban. Parmi elles, quatre générations de femmes racontent une histoire de déplacements et de résilience face aux conflits qui ont marqué la région.

Ranime, 17 ans, et sa deuxième guerre

Ranime, âgée de 17 ans, est la plus jeune de cette lignée. Elle en est déjà à sa deuxième guerre, ayant fui son village de Blida, situé pile à la frontière avec Israël dans le sud du pays du Cèdre. Avec elle, sa mère Haïra, née en 1987, qui était à peine plus âgée que sa fille lors de la guerre de 2006. La grand-mère Simone, née en 1965, a passé son enfance et son adolescence pendant la longue guerre civile libanaise, qui a déchiré le pays de 1975 à 1989.

Violette, l'arrière-grand-mère palestinienne de 90 ans

Et puis, il y a Violette, 90 ans, l'arrière-grand-mère de Ranime. Violette a vu le jour en 1936 de l'autre côté de la frontière, à Nazareth, sous le mandat britannique. Elle est une Palestinienne chrétienne qui a gardé précieusement la clé de sa maison d'origine, un symbole poignant de son attachement à sa terre natale. Aujourd'hui, elle se remet d'une attaque cérébrale survenue en 2025. « Elle a vécu trop de guerres », soupire Haïra, sa petite-fille, en évoquant la santé fragile de Violette.

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Une mémoire brouillée mais des mots qui persistent

La mémoire de Violette est parfois brouillée par les années et les épreuves. Pourtant, des mots de français lui reviennent soudain, comme lorsqu'elle serre la main avec un grand sourire et dit : « Bienvenue chez nous ! » Un « Bienvenue » poignant, chargé d'émotion et d'histoire, dans ce refuge temporaire à Beyrouth. Ranime compare les conflits : « En 2024, lors de la précédente guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah, c'était pire… », témoignant de la répétition des violences qui frappent sa famille.

Un récit de déplacements forcés

Cette famille incarne les déplacements forcés qui ont jalonné l'histoire du Moyen-Orient. Violette a connu la Nakba, l'exode palestinien de 1948, et maintenant l'évacuation du Sud-Liban due à l'offensive israélienne. Les quatre générations de femmes illustrent comment les conflits se transmettent à travers les âges, affectant chaque membre à sa manière. Leur histoire souligne l'impact durable des guerres sur les civils, en particulier les femmes et les enfants, qui doivent reconstruire leur vie encore et encore.

À Beyrouth, elles tentent de retrouver un semblant de normalité, mais les valises non défaites rappellent la précarité de leur situation. Leur récit est un témoignage fort de la résilience humaine face à l'adversité, tout en mettant en lumière les défis auxquels sont confrontés les réfugiés dans la région.

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