L'Ukraine a lancé dimanche 17 mai une attaque massive de 556 drones contre la Russie, tuant au moins trois personnes en périphérie de Moscou. Cette riposte d'une ampleur inédite intervient trois jours après des frappes meurtrières sur la capitale ukrainienne auxquelles Kiev avait promis de répondre.
Une attaque sans précédent
C'est l'une des attaques ukrainiennes les plus massives depuis le début du conflit, il y a quatre ans. Dimanche 17 mai, plus de 500 drones ont été lancés par Kiev contre la Russie, faisant au moins trois morts en périphérie de Moscou. Trois jours après des frappes meurtrières sur la capitale ukrainienne auxquelles Kiev avait promis de riposter, le ministère russe de la Défense a indiqué que sa défense antiaérienne avait abattu 556 drones ukrainiens entre 22h00 et 07h00 locales. Ces interceptions, d'un niveau bien supérieur aux quelques dizaines le plus souvent constatées, ont eu lieu au-dessus de 14 régions russes ainsi que de la Crimée annexée et des mers Noire et d'Azov, a précisé la même source sur la messagerie russe Max.
La capitale rarement visée
Moscou et sa région ont été particulièrement touchées. Le gouverneur de la région entourant la capitale, Andreï Vorobiov, a fait état d'une femme morte dans la localité de Khimki, au nord-ouest de Moscou, et de deux hommes tués dans un village dans la commune de Mytichtchi (nord-est). Dans le reste de la région, plusieurs habitations ont été endommagées et des infrastructures ont été attaquées, faisant quatre blessés, a-t-il précisé. À Moscou même, plus de 80 drones ont été interceptés et une frappe a fait 12 blessés, surtout des ouvriers d'un chantier à proximité d'une raffinerie, selon le maire Sergueï Sobianine. La production de la raffinerie n'a pas été perturbée. Trois immeubles résidentiels ont été endommagés, a-t-il ajouté.
L'Ukraine, en riposte aux bombardements quotidiens de l'armée russe depuis plus de quatre ans, frappe régulièrement des cibles en Russie. Elle assure viser des sites militaires mais aussi énergétiques afin de réduire la possibilité pour Moscou de financer ses opérations militaires. Si la région de la capitale fait régulièrement l'objet d'attaques de drones, Moscou elle-même, située à plus de 400 kilomètres de la frontière ukrainienne, est plus rarement visée.
Des médiations en suspens
Les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit sont au point mort. Une trêve de trois jours avait permis une pause dans les bombardements massifs loin du front à l'occasion des commémorations en Russie de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais les attaques ont repris dès l'expiration, dans la nuit de lundi à mardi, de ce cessez-le-feu négocié sous l'égide du président américain Donald Trump. Au moins 24 personnes, dont trois mineures de 12, 15 et 17 ans, ont été tuées dans des attaques de drones longue portée et de missiles sur Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi, selon un bilan ukrainien vendredi. Une cinquantaine d'autres ont été blessées. Nous sommes pleinement fondés à répondre en visant l'industrie pétrolière russe, sa production militaire et ceux qui sont directement responsables des crimes de guerre commis contre l'Ukraine et les Ukrainiens, avait prévenu vendredi le président Volodymyr Zelensky. Les négociations, sous médiation américaine, sont en suspens depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran.



