À la veille de sa visite officielle en Chine, Donald Trump a annoncé son intention d'aborder la question des ventes d'armes américaines à Taïwan avec le président Xi Jinping, tout en minimisant les risques d'une invasion chinoise de l'île. Interrogé depuis la Maison Blanche, le président américain a déclaré : « Je vais avoir cette discussion avec le président Xi. » Il a ajouté que Xi Jinping préférerait que les États-Unis cessent ces livraisons d'armes.
La politique américaine envers Taïwan
La politique des États-Unis à l'égard de Taïwan repose sur un soutien militaire robuste, sans toutefois reconnaître l'île comme un État indépendant ni soutenir ouvertement des velléités d'indépendance. Depuis 1982, un principe clé de cette stratégie est de ne pas consulter Pékin sur les ventes d'armes à Taïwan. Donald Trump a écarté les craintes d'une invasion, estimant que Xi Jinping « sait que je ne veux pas que cela arrive », tout en vantant sa « très bonne relation » avec le dirigeant chinois.
Réaction de Taïwan
La diplomatie taïwanaise a exprimé mardi son souhait de renforcer la coopération avec les États-Unis. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hsiao Kuang-wei, a déclaré : « Nous allons continuer à renforcer la coopération avec la partie américaine et à développer des capacités de dissuasion efficaces afin de maintenir conjointement la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan. »
Visite présidentielle et enjeux commerciaux
Cette visite est la première d'un président américain en Chine depuis celle de Trump en 2017. Initialement prévue fin mars, elle avait été reportée en raison du conflit avec l'Iran. Les relations commerciales bilatérales devraient dominer les entretiens, après une année de tensions tarifaires et de restrictions. Les deux présidents pourraient étendre les termes d'une trêve conclue en octobre. Des dirigeants de grandes entreprises américaines, dont Elon Musk (Tesla, SpaceX), Tim Cook (Apple) et Kelly Ortberg (Boeing), accompagneront Trump. Avant le sommet, des négociateurs commerciaux, menés par le vice-Premier ministre chinois He Lifeng et le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, doivent se rencontrer à Séoul.
Crise au Moyen-Orient et énergie
Au-delà du commerce, la crise au Moyen-Orient et ses répercussions pour la Chine seront au centre des discussions. Un porte-parole de la diplomatie chinoise, Guo Jiakun, a déclaré : « La Chine entend travailler avec les États-Unis sur un pied d'égalité afin de développer la coopération, de gérer les différends et d'apporter plus de stabilité dans un monde instable. » La Chine est directement affectée par les tensions américano-iraniennes et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz. Principal importateur de pétrole iranien, Pékin voit plus de la moitié de ses importations de brut maritime transiter par ce détroit, selon Kpler.
Position de force de Xi Jinping
Les experts estiment que Xi Jinping aborde le sommet en position de force, face à un Donald Trump empêtré dans le conflit au Moyen-Orient et soumis à la pression des élections de mi-mandat. La Chine retire certains avantages de la crise, se présentant comme un partenaire fiable et respectueux du droit international. Toutefois, Pékin n'a pas intérêt à une prolongation de la situation dans le Golfe.
Sanctions internationales
La Chine cherchera des acquis concrets, notamment sur les droits de douane. Pékin a mesuré ses critiques envers les États-Unis et son soutien à l'Iran. Washington a sanctionné trois entreprises chinoises pour avoir fourni des images satellite utilisées par l'Iran. La Chine s'oppose aux « sanctions unilatérales illégales », selon Guo Jiakun, qui a ajouté : « Le plus urgent est d'éviter que le conflit ne reprenne, pas de l'instrumentaliser pour calomnier d'autres pays. » Le Trésor américain a annoncé de nouvelles sanctions contre douze entités liées à Téhéran, accusées de faciliter la vente de pétrole iranien à la Chine.



