Le président américain Donald Trump est arrivé mercredi à Pékin pour un sommet de deux jours aux enjeux majeurs avec son homologue chinois Xi Jinping. Outre le commerce, les discussions porteront sur une multitude de sujets sensibles, allant de la guerre en Iran aux ventes d’armes à Taïwan.
Commerce et technologies au cœur des échanges
Donald Trump espère conclure des accords, maintenir une trêve commerciale fragile avec la deuxième économie mondiale et redorer son blason auprès de l’opinion publique américaine, mis à mal par sa guerre avec l’Iran. Il avait prédit il y a un an que sa politique de droits de douane élevés permettrait de faire plier la Chine, principal rival économique des États-Unis, avec l’objectif de rééquilibrer la balance commerciale. Mais cette ambition a depuis lors pris du plomb dans l’aile, alors que les taxes douanières dites réciproques ont été retoquées en février dernier par la Cour suprême américaine.
Selon des analystes politiques, Donald Trump arrive en Chine avec des attentes plus limitées : obtenir des accords sur les achats par la Chine de bœuf et soja américains et une commande d’avions Boeing. Le président américain exhortera cependant Xi Jinping à « s’ouvrir » aux entreprises américaines. Les dirigeants qui l’accompagnent représentent principalement des entreprises cherchant à résoudre des litiges commerciaux avec la Chine, comme Nvidia, qui a du mal à obtenir l’autorisation réglementaire de vendre ses puissantes puces d’intelligence artificielle H200 sur ce marché. Donald Trump a même fait de l’IA un point clé à aborder avec le président chinois.
Terres rares et semi-conducteurs
Les États-Unis attendent également de la Chine qu’elle autorise les livraisons de terres rares et minerais critiques vers les entreprises américaines. Le contrôle par Pékin des exportations a provoqué des perturbations dans les chaînes de production automobile et aérospatiale américaines. Pékin demande, de son côté, à Washington d’assouplir ses restrictions sur les exportations de semi-conducteurs de pointe.
Le dossier iranien
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, l’a précisé lundi dernier : Donald Trump entend discuter avec Xi Jinping de la guerre en Iran. Le dossier est suivi de près par la Chine, ce conflit menaçant son approvisionnement énergétique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, s’est donc rendu mercredi dernier à Pékin pour y rencontrer son homologue chinois Wang Yi et l’informer de la teneur des négociations avec les États-Unis. Pékin a également œuvré en coulisses pour convaincre Téhéran de participer le mois dernier à des négociations de paix au Pakistan avec Washington. Mais le gouvernement chinois ne veut pas apparaître comme faisant le sale boulot pour Donald Trump.
Taïwan, le sujet le plus périlleux
Présentée de longue date par Pékin comme le principal point de contentieux avec Washington, la question de Taïwan a été évoquée par Wang Yi lors d’un récent entretien téléphonique avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. La Chine considère Taïwan comme une province renégate et n’exclut pas de recourir à la force pour la ramener dans son giron. D’après des personnes impliquées dans les préparatifs de la visite de Donald Trump, le gouvernement chinois a suggéré à l’administration américaine de prendre davantage ses distances avec Taïwan. Selon la rhétorique actuelle, les États-Unis, principal fournisseur d’armes de l’île, ne soutiennent pas l’indépendance de l’île. Un changement de discours, aussi subtil soit-il, pourrait modifier la façon dont Pékin perçoit la détermination de Washington à soutenir Taïwan.
Le curieux voyage de Marco Rubio
Donald Trump est arrivé à Pékin accompagné de Marco Rubio, qui est pourtant visé par des sanctions chinoises. Pékin a trouvé une solution en modifiant un caractère dans la translittération de son nom. Le secrétaire d’État américain a également fait parler de lui en se faisant photographier dans l’avion présidentiel vêtu du même jogging Nike porté par l’ancien dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro lors de sa capture, que la Chine avait condamnée.



