Tensions au Moyen-Orient : le détroit d'Ormuz au cœur des enjeux
Tensions au Moyen-Orient : Ormuz au cœur des enjeux

Alors que le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis demeure précaire, les tensions diplomatiques et militaires s'intensifient autour de plusieurs points chauds : le détroit d'Ormuz, le Liban et les négociations de paix. Au 67e jour de guerre au Moyen-Orient, la trêve reste fragile.

Le détroit d'Ormuz sous haute surveillance

Le porte-avions français « Charles-de-Gaulle » a mis le cap mercredi 6 mai vers le détroit d'Ormuz afin de « sécuriser » la zone. Un navire de l'armateur français CMA-CGM, le « San Antonio », battant pavillon maltais, a été la cible de tirs mardi, blessant plusieurs membres d'équipage, tous de nationalité philippine. Emmanuel Macron a assuré que la France n'avait « en aucun cas » été « visée » par ces frappes, selon des propos rapportés par la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon. Deux autres bateaux de l'armateur, le « Kribi » et le « Saigon », ont pu sortir du détroit où ils étaient bloqués depuis le début du conflit.

Menaces américaines et espoirs de négociations

Donald Trump a accru la pression sur l'Iran avec de nouvelles menaces de bombardements, alors que des espoirs renaissent d'une reprise des négociations. « Si l'Iran accepte de donner ce qui a été convenu, ce qui est peut-être une supposition importante, la déjà légendaire opération ''Fureur épique'' sera terminée », a déclaré le président américain. Mais si ce pays « n'accepte pas, les bombardements commenceront et ce sera, malheureusement […] avec une intensité bien plus forte qu'avant », a-t-il averti.

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L'Iran examine le plan de paix américain

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a estimé que « l'ennemi, dans sa nouvelle stratégie, cherche, à travers un blocus naval, une pression économique et une manipulation médiatique, à détruire la cohésion du pays afin de nous contraindre à nous rendre ». Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a précisé que Téhéran examinait toujours le plan américain et communiquerait sa position au Pakistan, qui assure une médiation. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a exprimé son « bon espoir » que la dynamique aboutisse à un accord pérenne.

Le Liban ciblé malgré le cessez-le-feu

Le chef de l'armée israélienne, le général Eyal Zamir, a déclaré que ses soldats étaient « en état d'alerte élevé pour reprendre une opération forte et puissante » si nécessaire face à l'Iran. Benjamin Netanyahou a affirmé qu'Israël était « prêt à tous les scénarios ». Concernant le Hezbollah, Zamir a souligné : « Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir. » Une frappe israélienne sur une localité de l'est du Liban a fait quatre morts, selon le ministère de la Santé. Un commandant du Hezbollah a été tué dans une frappe dans la banlieue sud de Beyrouth.

Le Charles-de-Gaulle se positionne

Dans le Golfe, le porte-avions français va se prépositionner, un « signal » que la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz. La France propose aux États-Unis et à l'Iran de « traiter la question d'Ormuz à part » du reste du conflit. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a dit attendre de la Chine qu'elle joue un rôle pour « l'après-guerre ». Le ministre chinois Wang Yi a réclamé un arrêt « complet » des hostilités et appelé à rouvrir « le plus vite possible » le détroit d'Ormuz.

Les prix de l'essence explosent en France

En France, le prix de l'essence est au plus haut depuis le début du conflit. Le gouvernement assure que les distributeurs n'ont pas réalisé de marges abusives et tente de rassurer le secteur aérien. Entamée fin février, la flambée des prix à la pompe ne s'est pas démentie. Une grande partie des exportations de pétrole brut des pays du Golfe est bloquée en raison de la paralysie du détroit d'Ormuz et des frappes sur les infrastructures énergétiques. Mercredi, les essences SP95-E10 et SP98 ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de la guerre. Le litre de SP95-E10 s'affichait en moyenne à 2,038 euros, soit 32 centimes de plus (+18,47 %) que le 27 février, d'après un calcul sur 7 299 stations. Le SP98 atteignait 2,123 euros le litre, une hausse de près de 30 centimes (+16,29 %).

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