La vision optimiste de Trump sur le Moyen-Orient mise à mal par la réalité
Une partie de la stratégie de sécurité nationale de Donald Trump, rendue publique le 5 décembre 2025, apparaît aujourd'hui singulièrement dépassée. Le document officiel consacré au Moyen-Orient affirmait avec assurance que l'époque où cette région dominait la politique étrangère américaine était heureusement révolue. Selon cette doctrine, le Moyen-Orient n'était plus une source constante d'irritation et de catastrophe imminente mais plutôt un lieu de partenariat, d'amitié et d'investissement.
Un optimisme rapidement contredit par les événements
Cette vision optimiste contraste radicalement avec la situation observée depuis le 28 février. Déjà le 24 janvier, au Pentagone, le rédacteur de la stratégie de défense nationale se montrait plus prudent que le document original. Il estimait cependant qu'Israël, principal allié américain dans la région, possédait la capacité de se défendre avec le soutien essentiel mais limité de Washington. Concernant le Golfe, il affirmait que les partenaires des États-Unis étaient de plus en plus disposés et capables de se défendre contre l'Iran et ses mandataires.
La troisième guerre majeure en quarante ans
La réalité actuelle est bien différente. À l'exception du bref conflit de juin 2025, la guerre en cours constitue par son ampleur et les moyens mobilisés la troisième intervention militaire majeure menée dans la région par un président américain en moins de quarante ans.
Pour comprendre cette évolution, il faut remonter aux précédents engagements américains :
- La guerre du Golfe (1990-1991) : Justifiée par la violation du droit international après l'invasion du Koweït par l'Irak, cette intervention reposait sur une large coalition internationale et une résolution de l'ONU autorisant l'usage de tous les moyens nécessaires. Le président George H. W. Bush s'était limité à libérer le Koweït, épargnant le régime de Saddam Hussein à Bagdad.
- L'invasion de l'Irak (2003) : Soutenue par une coalition internationale réduite et sans l'aval des Nations unies, cette intervention bénéficiait d'une autorisation du Congrès américain. Fondée sur le mensonge des armes de destruction massive irakiennes, elle promettait un changement de régime ordonné vers un Irak démocratique mais a précipité la région dans un chaos durable.
La situation actuelle démontre que les prévisions optimistes de la stratégie trumpienne n'ont pas résisté à l'épreuve des faits. Le Moyen-Orient reste une zone de tensions majeures où les partenariats évoqués dans le document officiel peinent à se concrétiser face aux réalités géopolitiques complexes de la région.



