Le premier vol commercial direct entre les États-Unis et le Venezuela depuis sept ans a atterri jeudi 30 avril à l'aéroport Simon Bolivar de Maiquetia, près de Caracas, en provenance de Miami. Cette liaison aérienne constitue une nouvelle étape dans la normalisation des relations entre les deux pays, entamée après la capture de l'ancien président Nicolas Maduro en janvier dernier.
Un vol symbolique pour la réouverture des liaisons
À bord du vol 3599 d'Envoy Air, filiale de American Airlines, se trouvaient des hommes d'affaires, des représentants du gouvernement américain, ainsi que de nombreux journalistes. L'avion a été accueilli sur le tarmac par des jets d'eau de deux camions de pompiers, selon la tradition pour l'inauguration d'une nouvelle ligne. Il n'y avait plus de vols commerciaux entre les deux pays depuis 2019, année de la rupture diplomatique.
De nombreux officiels vénézuéliens et américains étaient présents pour accueillir l'avion, tandis que les voyageurs prenaient des selfies pour immortaliser ce moment. Cet atterrissage marque la fin de l'isolement du Venezuela vis-à-vis des États-Unis et sa réintégration dans le concert aérien mondial, après son ostracisation fin 2025.
Assouplissement des sanctions et ouverture économique
Depuis la capture du président Maduro, Washington et le gouvernement intérimaire de Delcy Rodriguez s'efforcent de normaliser leurs liens dans tous les domaines. En parallèle, le président Donald Trump assouplit graduellement les sanctions contre le Venezuela. Le pays a adopté de nouvelles lois sur les hydrocarbures et le secteur minier, ouvrant ces secteurs au privé, alors que le Venezuela dispose des plus grandes réserves de pétrole au monde. M. Maduro, enlevé le 3 janvier à Caracas avec son épouse lors d'une opération de l'armée américaine, est poursuivi aux États-Unis pour quatre chefs d'accusation, dont narco-terrorisme.
Une « étape historique » selon les autorités
« Aujourd'hui marque une nouvelle étape historique dans les relations » entre les deux pays, a déclaré le chef de la mission diplomatique américaine au Venezuela, John Barrett, depuis l'aéroport de Maiquetia. « Nous envoyons un nouveau signal clair au marché mondial : le Venezuela peut être ouvert aux affaires. En rétablissant la liaison entre Miami et Caracas, les États-Unis et le Venezuela renouent une artère commerciale essentielle qui va accélérer l'investissement, reconstruire les chaînes d'approvisionnement et renforcer les liens entre nos peuples », a-t-il ajouté.
Envoy Air assurera une rotation quotidienne avec la Floride, où vit une importante diaspora vénézuélienne d'environ 250 000 personnes. La compagnie vénézuélienne Laser Airlines proposera également la même liaison à partir du 1er mai.
Des voyageurs soulagés par la reprise des vols
Le vol inaugural s'est vendu à 3 000 dollars américains, mais les prix devraient baisser avec la multiplication des liaisons, notamment vers le Texas pétrolier ou depuis Maracaibo, capitale pétrolière vénézuélienne. « C'est merveilleux. Ça va nous rendre la vie plus facile », affirme Oscar Fuentes, avocat de 64 ans, qui faisait la queue pour le vol retour vers Miami. « Avant, il fallait voyager à Punta Cana, de Punta Cana vers Fort Lauderdale, de Fort Lauderdale vers ma destination, Houston. Ce soir, je dormirai chez moi ! Lors d'autres voyages, on ne savait même pas où l'on allait dormir », a-t-il poursuivi. Au comptoir, des dizaines de ballons aux couleurs des États-Unis et de American Airlines, qui avait commencé ses liaisons avec le Venezuela en 1987.
Barbara Centeno, 36 ans, spécialiste en ressources humaines, qui se rend régulièrement au Venezuela pour du tourisme médical, souligne : « Avant, je devais faire escale à Panama ou Bogota. Tu passes plus de 8 heures à voyager. Les prix valent la peine si l'on considère que tu dois passer la nuit dans certains endroits ». Claudia Varesano, 44 ans, ayant de la famille et des entreprises au Venezuela, se félicite aussi du temps gagné : « Un vol de trois heures devenait un vol de huit heures. Je peux y aller, prendre mon petit-déjeuner et revenir ».
Un retour progressif à la normale
Toutefois, le Département d'État déconseille toujours aux ressortissants américains de se rendre au Venezuela selon son dernier avis de voyage du 19 mars. « Les lignes européennes sont déjà de retour, la ligne nord-américaine arrive. Amérique du Sud, Asie, Afrique… C'est un plaisir de recevoir ces vols, parce qu'ils signifient connectivité, développement, productivité. Nous espérons accueillir plus de 100 000 passagers par an », s'est réjouie la ministre vénézuélienne des Transports, Jacqueline Faria, alors que le pays sort peu à peu de l'isolement.



