Rashid Khalidi : « Ni les Palestiniens ni Israël n'ont de stratégie »
Rashid Khalidi : aucune stratégie ni palestinienne ni israélienne

Rashid Khalidi : « Je ne vois de stratégie ni du côté palestinien ni du côté israélien, engagé dans une guerre perpétuelle »

Dans un entretien accordé à Libération, l'historien palestino-américain Rashid Khalidi, professeur à l'Université Columbia, livre une analyse sans concession du conflit israélo-palestinien. Selon lui, les deux camps sont dépourvus de stratégie politique cohérente, ce qui conduit à une guerre sans fin.

Une absence de vision stratégique

Khalidi affirme qu'Israël, sous la direction de Benyamin Netanyahou, s'est engagé dans une « guerre perpétuelle » sans objectif politique défini. « Il n'y a pas de stratégie israélienne claire, si ce n'est la poursuite indéfinie de la domination militaire », déclare-t-il. Du côté palestinien, il constate également un vide stratégique, avec une Autorité palestinienne affaiblie et un Hamas qui privilégie la lutte armée sans perspective politique réaliste.

L'historien souligne que cette absence de stratégie profite aux extrémistes des deux bords. « Les colons israéliens et les factions armées palestiniennes tirent parti de ce chaos pour imposer leurs agendas radicaux », explique-t-il. Il appelle à une refonte complète de l'approche diplomatique, avec un rôle accru de la communauté internationale pour imposer une solution négociée.

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Une guerre perpétuelle aux conséquences désastreuses

Khalidi décrit les conséquences humaines et politiques de cette guerre sans fin. « Les civils paient le prix fort, avec des milliers de morts et des infrastructures détruites. La société israélienne est militarisée, tandis que les Palestiniens subissent une occupation qui s'éternise », observe-t-il. Il critique également le rôle des États-Unis, qui, selon lui, ont favorisé l'impunité israélienne en opposant leur veto aux résolutions de l'ONU.

Pour sortir de cette impasse, l'historien préconise un changement radical de paradigme. « Il faut reconnaître les droits égaux de tous les habitants de la région, juifs et arabes, et œuvrer pour une solution fondée sur la justice et l'égalité », plaide-t-il. Il rejette l'idée d'une solution à deux États, qu'il juge irréaliste, et propose plutôt une réflexion sur un État unique et démocratique.

Un appel à la communauté internationale

Khalidi exhorte les puissances mondiales, en particulier les pays européens, à adopter une position plus ferme. « Il est temps de conditionner l'aide à Israël au respect du droit international et de sanctionner les violations », insiste-t-il. Il espère que la pression internationale pourra forcer les parties à revenir à la table des négociations, mais il se montre pessimiste quant à une issue rapide.

« Le conflit est devenu une guerre perpétuelle, sans perspective de paix à court terme », conclut-il. Son analyse, lucide et désenchantée, rappelle l'urgence d'une action diplomatique renouvelée pour mettre fin à ce cycle de violence.

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