Le pétrole au cœur du conflit iranien
Dans la guerre qui oppose l'Iran aux États-Unis et à Israël depuis le 28 février 2026, l'or noir est devenu une arme stratégique centrale. Le régime des mollahs, dirigé par le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei, mise sur une guerre d'usure pour résister aux frappes intensives annoncées mardi. Cette stratégie repose sur deux piliers : des attaques de drones et de missiles dans la région, et la perturbation des voies d'approvisionnement énergétiques.
Une tactique de pression économique
Les forces iraniennes ont bloqué le détroit d'Ornuz, menaçant de geler les exportations de pétrole tant que durera le conflit. Selon CNN, des dizaines de mines auraient été posées dans cette zone décrite comme "une vallée de la mort". Parallèlement, l'Iran a attaqué les monarchies du Golfe, ciblant spécifiquement les centres énergétiques pour maximiser les perturbations économiques. Alex Vatanka, chercheur au Middle East Institute, explique : "Ils sont comme un animal blessé, mais d'autant plus dangereux".
L'objectif est clair : en faisant grimper les prix de l'énergie et en répandant la crise financière en Occident, Téhéran espère que la pression forcera les États-Unis à battre en retraite. Le prix du Brent a ainsi tutoyé les 120 dollars lundi avant de reculer de plus de 10% mardi, après que Donald Trump a affirmé que la guerre était "quasiment finie".
Les réponses occidentales
Face à cette situation, les Occidentaux cherchent des parades. Le président américain planche sur un ensemble de mesures, incluant l'assouplissement des sanctions pétrolières visant la Russie et le recours aux réserves stratégiques. Dan Caine, chef d'état-major américain, a indiqué que les États-Unis étudient plusieurs options pour sécuriser le détroit d'Ornuz.
En Europe, Bruxelles propose d'utiliser le levier fiscal pour soulager les consommateurs. Dan Jorgensen, commissaire européen chargé de l'énergie, a affirmé mardi : "Si vous avez la possibilité de baisser les taxes sur l'énergie, en particulier sur l'électricité, il y a un potentiel énorme", pouvant compenser les hausses de prix à hauteur de 200 € par an en moyenne.
Une épreuve d'endurance politique
La guerre se définit de plus en plus comme une épreuve d'endurance. Mohannad Hage Ali, chercheur au Carnegie Middle East Center, souligne la question cruciale de la durée des attaques de missiles et drones iraniens. Fawaz Gerges, professeur à la London School of Economics, s'interroge : "Qui cédera le premier : Trump ou les dirigeants iraniens ?".
Les effets se font déjà sentir sur l'opinion américaine, avec seulement 27% de soutien à l'intervention au Moyen-Orient. Des signes inquiétants pour la Maison-Blanche à l'approche des élections de mi-mandat en novembre. Si la pression devient insoutenable, Donald Trump pourrait chercher une issue en clamant sa victoire.
En France, le gouvernement a sanctionné 6% des stations-service contrôlées depuis lundi pour anomalies sur les prix, une mesure jugée peu efficace pour les automobilistes. La guerre économique autour du pétrole s'intensifie, faisant de l'or noir un enjeu vital pour le commerce mondial.



