Le président russe Vladimir Poutine a proposé dimanche de reprendre des négociations directes avec l’Ukraine le 15 mai à Istanbul, en Turquie, en vue d'une "paix durable". Cette proposition intervient alors que les pays européens pressent Moscou d'accepter un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours.
Des négociations à Istanbul sans conditions
Le chef du Kremlin a déclaré que la Russie proposait à l’Ukraine de tenir des négociations directes à Istanbul afin d'"éliminer les causes profondes du conflit" et "de parvenir à la restauration d’une paix durable à long terme". Il a ajouté : "Ce n’est pas la Russie qui a mis fin aux négociations en 2022, c’est Kyiv. Nous proposons néanmoins que Kyiv reprenne les négociations directes sans aucune condition préalable." Cette déclaration fait référence aux pourparlers qui avaient échoué peu après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022.
Vladimir Poutine a précisé : "Nous offrons aux autorités de Kyiv l’opportunité de reprendre les négociations dès jeudi, à Istanbul." Il a également indiqué qu’il s’entretiendrait dimanche avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, afin de préparer les discussions. "Notre offre est, comme on dit, sur la table. La décision revient désormais aux autorités ukrainiennes et à leurs curateurs qui sont, semble-t-il, davantage guidés par leurs ambitions politiques personnelles que par l’intérêt de leurs peuples", a-t-il ajouté.
Rejet du cessez-le-feu européen
Les Européens ont pressé Moscou samedi d’accepter un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours en Ukraine à partir de lundi, menaçant Vladimir Poutine de sanctions "sévères" s’il refusait de cesser les combats. Le président russe a rejeté ce qu’il a décrit comme une tentative de certains pays européens de donner des "ultimatums", indiquant que Moscou avait déjà proposé plusieurs cessez-le-feu. Il n’a pas exclu la possibilité que l’Ukraine et la Russie s’accordent sur "de nouvelles trêves, un nouveau cessez-le-feu" lors des discussions qui se tiendraient en Turquie, à condition que cela soit une première étape vers une paix "durable".
Des responsables ukrainiens ont déclaré que la Russie avait lancé dimanche une attaque de drones contre Kiev et d’autres régions d’Ukraine. Ni le bureau du président ukrainien Volodymyr Zelensky, ni le ministère ukrainien des Affaires étrangères n’ont répondu à une demande de commentaire dans l’immédiat.
Cette proposition de négociations directes intervient dans un contexte de tensions accrues, alors que les pays européens tentent d'imposer un cessez-le-feu. La décision de l'Ukraine sera cruciale pour la suite du conflit.



