Les frappes aériennes au Moyen-Orient menacent gravement le patrimoine culturel
Les frappes aériennes qui secouent le Moyen-Orient depuis la fin de février ne mettent pas seulement en danger les populations civiles et les infrastructures stratégiques. Plusieurs sites historiques et culturels majeurs, dont certains sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco, ont également subi des dommages significatifs. Cette situation alarmante soulève des inquiétudes croissantes quant à la préservation du patrimoine dans une région riche en histoire.
Des monuments iraniens touchés par les bombardements
Le dernier exemple en date concerne le palais de Chehel Sotoun, situé à Ispahan, en Iran. Selon les médias d'État iraniens, ce site historique du XVIIe siècle a été endommagé lors de frappes aériennes dans la région. Des images diffusées sur les réseaux sociaux semblent montrer des portes soufflées par l'explosion et des fenêtres brisées, témoignant de l'impact destructeur. Surnommé le « palais des quarante colonnes », Chehel Sotoun est un vestige précieux de l'empire safavide, réputé pour son architecture raffinée et ses fresques bien conservées. Il fait partie d'un ensemble de jardins historiques inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.
Par ailleurs, des dégâts auraient également été constatés à la citadelle de Falak-ol-Aflak, datant du IIIe siècle, à Khoramabad, dans l'ouest de l'Iran. Ces incidents surviennent une semaine seulement après que le palais de Golestan à Téhéran a subi d'importants dommages à la suite de bombardements liés aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.
L'Unesco tire la sonnette d'alarme
Dans un communiqué transmis à l'AFP, l'Unesco a indiqué que plusieurs sites culturels d'importance dans la région ont été endommagés depuis le début des hostilités, le 28 février. L'organisation met en garde contre l'extension du conflit, qui menace désormais des sites dans d'autres pays de la région et au-delà, notamment en Arménie, Azerbaïdjan, Bahreïn, Chypre, Irak, Jordanie, Koweït, Oman, Palestine, Qatar, Arabie saoudite, Syrie, Turquie, Émirats arabes unis et Yémen. Cette alerte souligne l'urgence de protéger le patrimoine culturel dans un contexte de tensions croissantes.
Des dégâts également en Israël et au Liban
À Tel-Aviv, des missiles iraniens ont frappé et en partie détruit plusieurs habitations de style Bauhaus qui font la renommée architecturale de la Ville blanche, inscrite au patrimoine mondial depuis 2003. Le Bauhaus Center a exprimé son émotion face à ces destructions, soulignant que ces maisons étaient des symboles de survie et de modernité. De plus, le patrimoine religieux a été touché, avec une synagogue détruite à Beit Shemesh en Israël.
Au Liban, une frappe israélienne a atteint les abords immédiats du site archéologique de Tyr, un joyau phénicien classé à l'Unesco. Bien que les vestiges antiques semblent avoir été épargnés, l'onde de choc a endommagé des infrastructures modernes du site, y compris le futur musée de la zone.
Le Bouclier bleu pour la protection du patrimoine
Face à ces menaces, les autorités iraniennes ont annoncé avoir marqué plus de 120 musées et plusieurs bâtiments historiques du symbole du Bouclier bleu. Ce signe international vise à protéger les biens culturels en période de conflit. Créé en 1996, le Comité international du Bouclier bleu est souvent présenté comme l'équivalent d'une « Croix-Rouge pour le patrimoine », avec pour objectif de protéger les sites culturels menacés par les guerres ou les catastrophes naturelles. Cette initiative reflète les efforts déployés pour sauvegarder un héritage culturel précieux dans une région en proie à des conflits.



