Pakistan : colère après la mort de Khamenei, Islamabad pris entre Washington et Téhéran
Pakistan : colère après la mort de Khamenei, tensions diplomatiques

Pakistan en ébullition après la mort de l'ayatollah Khamenei

Le conflit au Moyen-Orient vient compliquer considérablement les calculs stratégiques du Pakistan, un pays de 250 millions d'habitants qui entretient des relations étroites à la fois avec Washington et Téhéran. La mort d'Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, a immédiatement déclenché une vague de colère au sein de la population pakistanaise, qui abrite la deuxième plus grande communauté de musulmans shiites au monde après l'Iran.

Violentes manifestations dans les grandes villes

Dimanche 1er mars, de violentes manifestations ont éclaté dans plusieurs grandes villes du Pakistan. À Karachi, la grande cité portuaire du sud du pays, la situation a particulièrement dégénéré lorsque des protestataires ont tenté de prendre d'assaut le consulat des États-Unis. Des affrontements violents avec les forces de l'ordre ont éclaté, tandis que la foule scandait des slogans hostiles aux États-Unis, à Israël et à leurs alliés.

Le bilan de ces violences est lourd : au moins 25 personnes ont perdu la vie lors des confrontations. Face à l'ampleur des troubles, les autorités pakistanaises ont dû renforcer de manière significative les dispositifs de sécurité autour des missions diplomatiques américaines sur l'ensemble du territoire, dans le but d'éviter toute nouvelle flambée de violence.

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Un équilibre diplomatique délicat

Le Pakistan se trouve dans une position particulièrement délicate. Le pays, qui s'est rapproché des États-Unis ces derniers mois, doit désormais ménager à la fois la sensibilité de sa population profondément affectée par la mort de Khamenei, et ses alliances stratégiques avec Washington, Téhéran et Riyad.

Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a rapidement réagi en condamnant fermement l'assassinat de l'ayatollah Khamenei. Dans une déclaration publiée sur son compte X, il a qualifié cet acte de « violation du droit international », rappelant que « selon une tradition ancestrale, les chefs d'État ou de gouvernement ne doivent pas être pris pour cible ».

Le chef du gouvernement a également exprimé la solidarité du peuple pakistanais avec le peuple iranien dans cette période de deuil : « Le peuple du Pakistan se joint au peuple iranien dans cette heure de tristesse et de chagrin et lui adresse ses condoléances les plus sincères pour le martyre de Khamenei », a-t-il ajouté.

Un contexte régional explosif

Cette crise survient dans un contexte régional déjà extrêmement tendu, où le Pakistan doit naviguer entre des alliances parfois contradictoires. La réaction violente de la population pakistanaise démontre la profondeur des liens religieux et culturels qui unissent les deux pays, tandis que le gouvernement doit préserver ses intérêts stratégiques et économiques avec ses partenaires occidentaux et régionaux.

La situation reste extrêmement volatile, avec des risques de nouvelles manifestations et une pression constante sur les autorités pakistanaises pour qu'elles trouvent un équilibre entre réponse aux aspirations populaires et maintien de leurs engagements diplomatiques internationaux.

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