Une escalade meurtrière au Moyen-Orient
La guerre continue de faire rage au Moyen-Orient avec une intensité croissante. Depuis samedi et les frappes américaines et israéliennes visant le guide suprême iranien Ali Khamenei, les échanges de tirs n'ont pas cessé dans la région. Derrière la mort de l'ayatollah, de nombreuses victimes, qu'elles soient dirigeants, militaires ou civiles, sont déjà à déplorer, marquant un tournant dramatique dans ce conflit.
Un bilan humain lourd en Iran
Après la première frappe visant Ali Khamenei, les États-Unis annonçaient la mort d'une quarantaine de hauts gradés iraniens. L'Iran n'en a, pour le moment, confirmé que neuf. Ce lundi, c'est l'épouse de l'ayatollah présente à ses côtés lors de la frappe, Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh, qui a succombé à ses blessures, ajoutant une dimension personnelle à cette tragédie.
Dans un bilan donné ce lundi, le Croissant-Rouge iranien a affirmé qu'un total de 555 personnes a été tué à travers l'Iran depuis le début des frappes israélo-américaines. Ce bilan, difficile à vérifier de manière indépendante, illustre l'ampleur des pertes humaines.
Plusieurs bilans ont été publiés par les agences de presse iraniennes. Selon Mehr, une attaque contre un bâtiment des gardes-frontières dans l'ouest du pays a tué dimanche 43 membres des forces de sécurité. Un responsable iranien a évoqué au moins 27 morts dans le nord-ouest. Selon un bilan de l'agence de presse d'État Irna, au moins 153 personnes ont été tuées samedi lors d'une frappe contre une école de filles dans le sud de l'Iran, un épisode particulièrement choquant.
Ce lundi, des communiqués officiels ont fait état de trois membres des Gardiens de la Révolution morts et de cinq militaires tués. Les Affaires étrangères chinoises ont, elles, fait état d'un ressortissant tué à Téhéran, montrant l'internationalisation des victimes.
Pertes américaines et israéliennes
Les États-Unis ont annoncé avoir perdu dimanche trois militaires, sans donner plus de précisions sur les circonstances de leur mort. Ce lundi, le commandement militaire américain a annoncé la mort d'un quatrième soldat, qui a succombé à ses blessures, portant le bilan américain à quatre morts.
Plusieurs personnes ont été tuées en Israël. Parmi elles, onze sont mortes dimanche dans le centre du pays dans l'effondrement d'un bâtiment touché par une « frappe directe » de missile iranien, selon les services de secours. Plusieurs dizaines de personnes ont également été blessées, témoignant de la violence des affrontements.
Extension du conflit au Liban
En réponse à des tirs du Hezbollah, l'armée israélienne a frappé le Liban, notamment dans la région de Beyrouth. Des explosions puissantes, confirmées par des journalistes de l'AFP et des agences de presse locales, ont été entendues toute la journée. Un premier bilan officiel fait état de 31 morts et 149 blessés. Il devrait s'alourdir puisque les bombardements continuent ce lundi soir, d'autant qu'Israël a annoncé avoir frappé plus de 70 cibles du Hezbollah, dont des entrepôts d'armes, sites de lancement et lanceurs de missiles, laissant présager de nouvelles victimes.
L'armée israélienne a également confirmé ce lundi avoir tué le chef des services de renseignement du Hezbollah, Hussein Moukalled, lors d'une frappe à Beyrouth dimanche. Selon un communiqué des Brigades al-Qods, branche militaire du Jihad palestinien au Liban, le chef de la branche alliée du Hamas et du Hezbollah libanais, Adham Adnan al-Othman, a été tué « dans une agression sioniste qui a visé la banlieue sud de Beyrouth lundi à l'aube ».
Victimes dans les pays du Golfe
L'Iran, dans ses répliques, a également visé plusieurs de ses voisins de la péninsule arabique dont l'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis. Au moins cinq personnes ont été tuées dans les pays du Golfe, étendant géographiquement le conflit.
Trois personnes ont été tuées et 58 blessées aux Émirats arabes unis. Il s'agit de ressortissants pakistanais, népalais et bangladais, a précisé le ministère de la Défense du pays. Une personne a été tuée et 32 blessées au Koweït, ont indiqué les autorités, et le Bahreïn a annoncé lundi qu'une personne avait été tuée.
L'Irak impliqué malgré lui
L'Irak, qui a récemment retrouvé une certaine stabilité, est aussi entraîné dans le conflit malgré sa demande ouverte de ne pas être impliqué. Un combattant pro-iranien a été tué lundi dans des frappes sur une base au sud de Bagdad abritant le groupe Kataeb Hezbollah, un puissant groupe armé soutenu par Téhéran. Dimanche déjà, neuf combattants soutenus par l'Iran ont été tués dans des frappes distinctes, dont cinq membres de Kataeb Hezbollah.
Alertes humanitaires et risques d'extension
La liste des victimes devrait continuer à s'allonger au regard des violents bombardements qui émaillent la région. Ce lundi, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a alerté sur l'« extension » des hostilités au Moyen-Orient qui « met gravement en danger la vie des civils ».
« L'ampleur des grandes opérations militaires qui font rage au Moyen-Orient risque d'entraîner la région - et au-delà - dans un nouveau conflit armé à grande échelle qui dépassera toutes les capacités de réponse humanitaire. Sans mesures urgentes pour désamorcer la situation et faire respecter les règles de la guerre, d'autres civils perdront la vie », a déclaré Mirjana Spoljaric dans un communiqué, soulignant l'urgence de la situation.
Cette escalade, avec ses bilans humains croissants et son extension géographique, pose des défis majeurs pour la stabilité régionale et la protection des populations civiles, dans un contexte où les perspectives de désescalade semblent de plus en plus lointaines.



