Désinformation sur la mort de Khamenei : des images IA circulent après des frappes
Mort de Khamenei : les images virales sont des deepfakes générés par IA

La désinformation sur la mort de Khamenei envahit les réseaux sociaux

Une image bouleversante a fait le tour du monde ces derniers jours. On y voit un présentateur de la télévision d'État iranienne en sanglots, annonçant la mort de l'ayatollah Ali Khamenei. Selon les publications virales, le guide suprême aurait été tué lors d'une série de frappes américano-israéliennes visant un centre névralgique du pouvoir iranien, où se tenait une réunion entre les têtes du régime.

Des clichés prétendument authentiques diffusés massivement

L'annonce officielle aurait été faite le 1er mars, et les premières images prétendant montrer le corps du guide suprême sont apparues dès le lendemain sur les réseaux sociaux. Des manifestations en hommage à l'ayatollah Ali Khamenei ont été signalées dans différents pays, notamment au Pakistan, selon certaines sources.

Les publications montrent ce qui serait le corps de Khamenei enseveli sous les décombres, avec des images partagées sur Facebook et d'autres plateformes. Une vidéo particulièrement virale circule actuellement sur X, prétendant montrer l'intérieur du bâtiment « où se trouvait Khamenei » au moment de sa mort présumée.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Cette vidéo, présentée comme provenant de caméras de vidéosurveillance, est décrite comme montrant « la GBU-57 qui a atteint Khamenei dans son sous-sol inviolable ». Le post a été vu près d'un million de fois et la vidéo a été repérée sur YouTube et Facebook.

La réalité derrière les images virales

En réalité, ces images n'ont rien de réel et ne montrent absolument pas la mort de Khamenei. Une analyse approfondie révèle que la plupart de ces contenus sont des fabrications numériques sophistiquées.

En examinant de près les différents extraits vidéo de la compilation qui circule, on découvre que trois d'entre eux ont été générés par intelligence artificielle. Plusieurs éléments visuels trahissent leur origine artificielle : certaines personnes restent immobiles pendant l'explosion, et les caméras de vidéosurveillance ne subissent aucun dégât malgré la violence supposée de l'événement.

Le quatrième extrait vidéo, qui montre une personne courant en direction d'une caméra de surveillance, est quant à lui authentique. Cependant, il est sorti de son contexte initial. On le retrouve dans un reportage de l'agence de presse officielle iranienne SNN TV, diffusé le 28 novembre 2025. La scène montre en réalité le bombardement d'un bâtiment de l'armée de l'air à Tabriz, une ville du nord-ouest de l'Iran visée par des frappes israéliennes en juin dernier.

Des deepfakes de plus en plus sophistiqués

Les images prétendant montrer le corps du guide suprême ont également été générées par intelligence artificielle. Pour le premier contenu, plusieurs incohérences permettent de déterminer sa nature artificielle : la taille du visage de Khamenei varie de manière irréaliste, ses lunettes et son couvre-chef sont parfaitement alignés de façon improbable, et la forme des flammes à l'arrière-plan manque de réalisme.

Le second contenu montre plutôt le visage d'un homme âgé que celui de Khamenei. La longueur de la barbe paraît suspecte et ne correspond pas aux caractéristiques physiques du guide suprême. En effectuant une recherche inversée, on retrouve le même cliché dans des publications X et Facebook datant des 4 et 5 janvier derniers.

Comme repéré par la cellule fact-checking de TF1, ce deepfake est tiré d'une vidéo publiée le 3 janvier par un journaliste de la chaîne d'opposition iranienne Iran International.

La guerre informationnelle au Moyen-Orient

Plus largement, le conflit en Iran et au Moyen-Orient est particulièrement ciblé par des campagnes de désinformation. Les acteurs de cette guerre informationnelle utilisent non seulement des contenus générés par IA, mais aussi des images recyclées ou sorties de leur contexte initial pour influencer l'opinion publique internationale.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Cette situation souligne l'importance croissante du fact-checking et de la vérification des sources dans un environnement médiatique où les technologies de manipulation d'images deviennent de plus en plus accessibles et sophistiquées. Les utilisateurs des réseaux sociaux doivent redoubler de vigilance face à des contenus qui exploitent des événements géopolitiques sensibles pour propager de fausses informations.