Mojtaba Khamenei succède à son père à la tête de l'Iran
L'Assemblée des experts iranienne a officiellement désigné Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans, comme nouveau guide suprême de la République islamique d'Iran. Cette annonce intervient après la mort de son père, Ali Khamenei, tué lors des frappes aériennes américaines et israéliennes du 28 février dernier. La nomination a été confirmée par Ahmad Alamolhoda, membre de l'assemblée, bien que le nom ait été dévoilé plusieurs heures après le vote.
Une succession dans un contexte de crise régionale
La désignation de Mojtaba Khamenei survient dans un contexte d'intense conflit militaire au Moyen-Orient. Donald Trump a immédiatement réagi en déclarant que le nouveau guide suprême « ne tiendrait pas longtemps » sans l'aval des États-Unis. Le président américain avait déjà exprimé son opposition à cette succession jeudi dernier.
En réponse, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a réaffirmé que le choix du guide suprême incombait exclusivement au « peuple iranien » et à « personne d'autre ». Cette tension diplomatique s'ajoute aux affrontements militaires en cours dans la région.
Escalade militaire et conséquences humanitaires
Les hostilités se sont intensifiées ces derniers jours avec des frappes croisées entre l'Iran et Israël. L'armée israélienne a annoncé avoir mené une attaque ciblée sur un hôtel de Beyrouth, tuant cinq membres des Gardiens de la révolution iraniens, dont trois commandants importants de la force Al-Qods.
De son côté, l'Iran affirme avoir visé Tel-Aviv, le désert du Néguev et des bases aériennes américaines dans la région avec des missiles de nouvelle génération. Les Gardiens de la révolution ont menacé de cibler des sites pétroliers régionaux si Israël continuait à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, évoquant la possibilité d'un baril de pétrole à plus de 200 dollars.
Les conséquences humanitaires sont déjà significatives. Plus de 517 000 personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes sur le Liban selon les autorités libanaises, dont plus de 117 000 sont hébergées dans des centres d'accueil. Un septième militaire américain est également décédé des suites de blessures subies lors des premières attaques iraniennes.
Réactions internationales et initiatives diplomatiques
La communauté internationale tente de contenir la crise. Emmanuel Macron s'est entretenu dimanche avec les présidents iranien et américain, exprimant notamment sa préoccupation concernant la liberté de navigation dans le détroit d'Ormeuz et le sort de deux ressortissants français assignés à l'ambassade de France à Téhéran.
Une réunion des ministres des finances du G7 est prévue lundi en visioconférence pour « faire le point sur la situation dans le Golfe », sous la présidence française du groupe. Parallèlement, Volodymyr Zelensky a annoncé l'envoi d'experts ukrainiens en drones au Moyen-Orient « la semaine prochaine », dans le cadre d'un échange d'expertise contre des missiles de défense antiaérienne.
Perspectives incertaines
Le chef d'état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, a estimé que la guerre allait durer encore « beaucoup de temps ». Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a quant à lui déclaré que Téhéran ne cherchait pas de cessez-le-feu et exigeait que les « agresseurs » soient punis.
La nomination de Mojtaba Khamenei, considéré comme l'une des personnalités les plus influentes du pouvoir iranien, marque un tournant dans la gouvernance du pays. D'autres noms avaient été évoqués pour la succession, notamment celui d'Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique.



