Une succession sous les frappes au cœur d'un conflit régional élargi
Dans un contexte de guerre régionale qui s'intensifie, Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans et fils de l'ancien Guide suprême Ali Khamenei tué le 28 février dans des frappes américano-israéliennes, a été désigné comme nouveau dirigeant suprême de l'Iran. Cette annonce intervient alors que les combats s'étendent à travers tout le Moyen-Orient, avec des frappes réciproques en Iran, en Israël, au Liban et dans plusieurs pays du Golfe.
Une escalade militaire généralisée
Les affrontements ont atteint une nouvelle intensité avec des développements significatifs sur plusieurs fronts. L'armée israélienne a affirmé avoir frappé des "infrastructures du régime" au centre de l'Iran, tandis que Téhéran a riposté en annonçant des tirs de missiles vers Israël. Au Liban, plus d'un demi-million de personnes ont été déplacées par les frappes israéliennes selon les autorités locales, avec 517 000 déplacés recensés dont plus de 117 000 hébergés dans des centres d'accueil.
La situation s'est particulièrement aggravée dans la banlieue sud de Beyrouth où une forte explosion a retenti, produisant d'épais nuages de fumée. Ce quartier, bastion du Hezbollah, avait reçu l'ordre d'évacuation de l'armée israélienne et a été régulièrement bombardé au cours des derniers jours.
Les réactions internationales et les menaces économiques
Donald Trump a immédiatement réagi à la désignation du nouveau guide suprême en avertissant que Mojtaba Khamenei ne tiendrait "pas longtemps" sans son aval. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a quant à lui réaffirmé que le choix du guide suprême incombait au "peuple iranien" et à "personne d'autre".
L'armée iranienne a menacé de cibler des sites pétroliers de la région si Israël continuait de frapper les infrastructures énergétiques de la République islamique, avertissant : "Et si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez ce jeu". Cette menace intervient alors que le prix du baril a déjà franchi le seuil symbolique des 100 dollars en raison du conflit.
Extension géographique des combats
Le conflit s'est étendu à plusieurs pays de la région :
- Les Émirats arabes unis ont fait face à une attaque de missile
- L'Arabie saoudite a abattu quatre drones se dirigeant vers le champ pétrolier de Shaybah
- Le Koweït a été attaqué par des missiles et des drones
- Bahreïn a signalé 32 civils blessés dont quatre grièvement dans une attaque de drone iranien
- Le Qatar a été visé par plusieurs vagues de drones et de missiles
Les États-Unis ont ordonné à leur personnel diplomatique non essentiel de quitter l'Arabie saoudite en raison des risques pour leur sécurité.
Le profil du nouveau Guide suprême
Mojtaba Khamenei, considéré comme proche des conservateurs et ayant des liens étroits avec les gardiens de la révolution, était pressenti depuis longtemps comme successeur potentiel de son père. Né le 8 septembre 1969 à Machhad, ce religieux portant le turban noir des "seyyed" (descendants du prophète Mahomet) a étudié la théologie à Qom où il a également enseigné.
Le Trésor américain avait imposé des sanctions à Mojtaba Khamenei en 2019, l'accusant d'avoir travaillé en étroite collaboration avec la Force Al-Qods et les Bassij pour "faire avancer les ambitions régionales déstabilisatrices de son père". Des opposants ont également mis en cause son rôle dans la répression du mouvement de contestation de 2009.
Les gardiens de la révolution ont immédiatement déclaré leur allégeance au nouveau guide, tandis que les rebelles houthistes du Yémen ont salué sa désignation comme un "coup dur pour les ennemis de la République islamique".
Conséquences humanitaires et accusations
L'organisation Human Rights Watch a accusé Israël d'avoir utilisé "illégalement" du phosphore blanc sur des zones résidentielles peuplées dans le sud du Liban. "L'utilisation illégale de phosphore blanc par l'armée israélienne sur des zones résidentielles est extrêmement alarmante et aura de graves conséquences pour les civils", a déclaré Ramzi Kaiss, chercheur à HRW.
Le chef d'état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, a pour sa part affirmé que la guerre allait durer encore "beaucoup de temps", confirmant les perspectives d'un conflit prolongé aux conséquences humanitaires croissantes pour toute la région.



