L'armée israélienne a arraisonné plusieurs navires de la flottille pro-palestinienne en mer Méditerranée et procède au transfert des militants vers Israël. Environ 175 militants de la « flottille pour Gaza » ont été arrêtés au large de la Grèce et sont désormais emmenés vers Israël, ont indiqué jeudi le ministère des Affaires étrangères israélien et les organisateurs.
Une opération controversée
« Environ 175 militants provenant de plus de 20 bateaux de la flottille des préservatifs (la dernière appellation israélienne de la flottille, NDLR) font actuellement route de façon pacifique vers Israël », écrit le ministère sur X en diffusant une vidéo montrant selon lui « les militants en train de s'amuser à bord de navires israéliens ».
Les organisateurs de cette nouvelle flottille de militants pro-palestiniens souhaitant briser le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza avaient annoncé peu avant que leurs bateaux étaient entourés de navires militaires israéliens alors qu'ils se trouvaient au large de la Crète.
« À l'heure où nous publions ce communiqué (6 h 30 heure française), au moins 22 des 58 bateaux de la flottille ont été pris d'assaut par les forces israéliennes en totale violation du droit international », a indiqué dans un communiqué la flottille « Global Sumud », partie en avril des côtes européennes. Selon l'organisation, des ressortissants français figurent parmi les personnes arrêtées.
Des méthodes dénoncées
Dans la nuit, la flottille avait affirmé que ses bateaux avaient été « illégalement encerclés » par des navires israéliens, précisant que le contact avec 11 navires avait été perdu. « Nos bateaux ont été abordés par des vedettes militaires qui se sont identifiées comme d'Israël », ont écrit les organisateurs sur X, ajoutant que les occupants avaient « pointé des lasers et des armes d'assaut semi-automatiques » et « ordonné aux participants de se rassembler à l'avant des bateaux et de se mettre à quatre pattes ».
Cette flottille est composée de plus de 50 bateaux partis ces dernières semaines de Marseille, en France, Barcelone, en Espagne, et Syracuse, en Italie. Deux précédentes flottilles internationales de militants souhaitant percer le blocus de Gaza avaient été interceptées par la Marine israélienne, au large des côtes de l'Égypte et de la bande de Gaza, à l'été et à l'automne 2025.
Condamnations et contexte humanitaire
L'arraisonnement des bateaux par les forces israéliennes avait été qualifié d'illégal par les organisateurs et par Amnesty International, et avait suscité des condamnations internationales. Les membres d'équipage avaient été arrêtés puis expulsés par Israël.
La bande de Gaza, gouvernée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, est soumise à un blocus israélien depuis 2007. La guerre dévastatrice déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023 a engendré de graves pénuries de nourriture, d'eau, de médicaments et de carburant.
Depuis le cessez-le-feu précaire entré en vigueur en octobre, l'armée israélienne contrôle plus de la moitié du petit territoire palestinien côtier, où l'accès de l'aide humanitaire reste encore largement restreint. L'attaque du 7-Octobre a fait 1 221 morts, principalement des civils, du côté israélien, selon des chiffres officiels israéliens compilés.
Plus de 72 500 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par la campagne militaire israélienne de représailles, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas. Le ministère, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU, ne précise pas le nombre de combattants tués. L'ONU a récemment estimé que plus de 38 000 femmes et filles avaient été tuées à Gaza entre le 7 octobre 2023 et décembre 2025 par les bombardements et opérations de l'armée israélienne.



