Iran rouvre le détroit d'Ormuz, une mission neutre de sécurisation envisagée par plusieurs pays
Iran rouvre le détroit d'Ormuz, mission neutre envisagée

L'Iran rouvre le détroit d'Ormuz pendant le cessez-le-feu

La République islamique d'Iran a annoncé ce vendredi 17 avril 2026 la réouverture complète du détroit d'Ormuz pour tous les navires commerciaux pendant la durée du cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban. Cette décision historique intervient alors que la trêve se met en place, suscitant un espoir prudent de paix dans la région du Moyen-Orient.

Impact économique immédiat

L'annonce de Téhéran, saluée par l'ancien président américain Donald Trump, a provoqué une baisse significative de 10% du prix du pétrole sur les marchés internationaux et un rebond notable des Bourses européennes. Ces mouvements financiers surviennent après cinq semaines de guerre dévastatrices qui ont lourdement pesé sur l'économie mondiale.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a précisé sur la plateforme X : « En lien avec le cessez-le-feu au Liban, le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d'Ormuz est déclaré entièrement ouvert pour la période restante du cessez-le-feu ». Cependant, un haut responsable militaire iranien a ajouté que les mouvements des navires militaires restent strictement interdits, seuls les bâtiments civils pouvant franchir le détroit par les passages désignés et avec l'autorisation de la marine des Gardiens de la Révolution.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réactions internationales et déclarations de Trump

Donald Trump a immédiatement réagi sur sa plateforme Truth Social, affirmant que l'Iran s'était engagé à « ne plus jamais fermer » ce détroit stratégique par lequel transite normalement un cinquième des hydrocarbures de la planète. Le locataire de la Maison-Blanche a déclaré : « Ce ne sera plus utilisé comme arme contre le monde ! ».

Trump a également affirmé que l'Iran retirait toutes ses mines marines du détroit d'Ormuz avec l'appui des États-Unis, bien qu'il n'ait fourni aucun détail concret sur cette opération. Il a toutefois précisé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait « totalement en vigueur, en ce qui concerne l'Iran seulement » jusqu'à la fin des négociations en cours.

Une mission neutre de sécurisation en préparation

Initiative franco-britannique

Pendant ce temps à Paris, plusieurs pays « non-belligérants » se sont déclarés prêts, lors d'une conférence organisée autour d'Emmanuel Macron et Keir Starmer, à participer à « une mission neutre » de sécurisation du détroit d'Ormuz. Cette réunion a rassemblé 49 pays, dont une trentaine au niveau des chefs d'État et de gouvernement, la plupart participant à distance.

Le président français a expliqué à l'issue de la conférence : « Nous avons évoqué la mise en place d'une mission neutre, bien distincte des belligérants, afin d'accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe ». Keir Starmer a pour sa part précisé que « plus d'une douzaine de pays » ont déjà proposé de contribuer à cette force « pacifique et défensive ».

Composition et planification

Outre les dirigeants européens, le président sud-coréen Lee Jae Myung a participé à cette réunion, ainsi que d'autres États asiatiques comme la Chine et le Japon, ou du Moyen-Orient dont l'Arabie saoudite et le Qatar, mais à un niveau ministériel ou inférieur. Les Américains n'ont pas été conviés, Emmanuel Macron insistant pour que toute future mission se tienne à l'écart des « belligérants » de la guerre lancée fin février par les États-Unis et Israël contre l'Iran.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a toutefois jugé « souhaitable » une participation américaine à la mission, estimant que cette guerre ne devait « pas devenir un test de résistance pour les relations transatlantiques ». Une réunion de « planification militaire » est prévue la semaine prochaine à Londres pour dévoiler davantage de détails sur la composition de cette force internationale.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Négociations et situation au Liban

Tractations diplomatiques en cours

En parallèle, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan pour organiser une deuxième session de négociations entre Téhéran et Washington, après la première tenue à Islamabad le week-end précédent. L'Iran exigeait une trêve au Liban comme condition préalable à ce second cycle de discussions.

Donald Trump a assuré vendredi auprès de l'AFP qu'il n'y avait pas de « points de blocage » pour conclure un accord de paix avec l'Iran, ajoutant que cet accord était « très proche ». C'est la première fois depuis le début des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février que les armes se taisent sur l'ensemble des fronts de ce conflit régional.

Situation humanitaire au Liban

De nombreux déplacés profitaient vendredi de cette accalmie pour regagner leurs foyers dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, ignorant les avertissements du gouvernement israélien. Ce dernier a précisé que « l'opération » contre le Hezbollah pro-iranien n'est pas terminée et que les Libanais devront à nouveau quitter ces zones « si les combats reprennent ».

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a pronostiqué que le démantèlement du Hezbollah « ne serait pas atteint demain ». Jeudi, il avait averti que son armée resterait présente au Liban pendant la trêve, dans une bande de 10 km de profondeur depuis la frontière, maintenant ainsi une pression militaire sur le terrain malgré l'annonce du cessez-le-feu.