L'Iran tourne une page historique avec un nouveau guide suprême
Dans un contexte de tensions régionales extrêmes, l'Iran a procédé à une transition historique à la tête de son régime. L'ayatollah Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans, a été officiellement désigné comme nouveau guide suprême par l'Assemblée des experts, le collège de 88 membres du clergé chiite. Il succède ainsi à son père, l'ayatollah Ali Khamenei, décédé au premier jour du conflit actuel.
Une allégeance immédiate des institutions iraniennes
Dès l'annonce de cette nomination, les principales institutions du régime ont immédiatement prêté allégeance au nouveau leader. Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont été les premiers à se rallier, suivis par les forces armées conventionnelles, la police et l'appareil diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a salué cette élection en déclarant qu'elle garantirait « la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de notre chère patrie » tout en renforçant « l'unité et la cohésion nationales ».
Premières frappes et réactions internationales
Les premières actions militaires n'ont pas tardé à suivre cette transition de pouvoir. L'Iran a annoncé avoir lancé des salves de missiles vers Israël, marquant ainsi les premiers échanges de frappes depuis l'accession de Mojtaba Khamenei. La radio-télévision d'État Irib a diffusé sur Telegram des images montrant un projectile portant l'inscription « sous ton commandement Seyyed Mojtaba », une référence religieuse chiite symbolisant l'allégeance au nouveau guide.
En réponse, l'armée israélienne a déclaré avoir mené de nouvelles frappes contre des infrastructures du régime iranien au centre du pays. Du côté israélien, une porte-parole du Magen David Adom a indiqué qu'une femme avait été légèrement blessée à la tête par des débris d'un missile intercepté dans la région de Rishon LeZion.
Escalade dans le Golfe et envolée des prix du pétrole
La région du Golfe fait également face à une escalade préoccupante. Plusieurs pays ont subi de nouvelles attaques de missiles et de drones :
- Au Bahreïn, un drone iranien a blessé 32 civils, dont quatre grièvement
- L'Arabie saoudite a intercepté quatre drones se dirigeant vers le gisement pétrolier de Shaybah
- Le Département d'État américain a ordonné l'évacuation du personnel diplomatique non essentiel en Arabie saoudite
Cette escalade a provoqué une flambée spectaculaire des prix du pétrole. Le baril frise désormais les 120 dollars, atteignant son plus haut niveau depuis l'été 2022. Depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, le WTI, référence du marché américain, s'est apprécié de 70%, une hausse sans précédent sur une période aussi courte.
Le président américain Donald Trump a réagi sur Truth Social en affirmant que cette flambée était un « tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des États-Unis et du monde ». De son côté, l'armée iranienne a menacé de s'en prendre aux infrastructures pétrolières de la région, avertissant : « Si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez avec ce jeu ».
Combats au Liban et diplomatie internationale
Le Liban est également devenu un théâtre d'affrontements. De violents combats ont éclaté dans l'est du pays, près de la frontière syrienne, où des troupes israéliennes ont atterri à bord d'hélicoptères selon l'agence de presse nationale libanaise Ani. Le Hezbollah a affirmé combattre ces troupes et avoir abattu un hélicoptère israélien dans la région de la Bekaa.
Sur le front diplomatique, le président français Emmanuel Macron s'est entretenu dimanche avec ses homologues américain Donald Trump et iranien Massoud Pezeshkian. Il s'agit de la première conversation connue entre un dirigeant occidental et le président iranien depuis le début du conflit. Emmanuel Macron a demandé à l'Iran de cesser ses frappes contre les pays du Golfe et se rendra lundi à Chypre où les Européens renforcent leurs moyens en Méditerranée orientale.
Conséquences économiques immédiates
Les marchés financiers asiatiques ont réagi négativement à cette escalade :
- Les Bourses de Tokyo, Hong Kong, Séoul et Taipei sont en très forte baisse
- Face à l'envolée des cours du pétrole, le Vietnam envisage de suspendre les droits de douane sur les importations de carburant
- Les investisseurs craignent une prolongation de cette crise pétrolière
Cette situation complexe mêlant succession politique, escalade militaire et crise économique place la région du Moyen-Orient dans une période d'incertitude extrême, avec des conséquences qui pourraient se faire sentir bien au-delà de ses frontières.



