Comparaison des guerres contre l'Iran et l'Irak : un parallèle risqué
Dans le débat public français, il est courant d'établir un parallèle entre la guerre lancée par George W. Bush contre l'Irak en 2003 et celle déclenchée aujourd'hui par Donald Trump et Benyamin Netanyahou contre l'Iran. Sur certains aspects, l'intervention contre l'Iran pourrait sembler moins injustifiée que celle contre son voisin irakien. Cependant, la manière dont elle a été initiée la rend en réalité plus dangereuse pour l'État de droit international et le multilatéralisme.
Différences de contexte et de légitimité
Les circonstances de ces deux conflits présentent des distinctions notables. Saddam Hussein en Irak et les mollahs en Iran sont tous deux des dictateurs répressifs, mais les motivations des attaquants diffèrent. En 2003, les néoconservateurs américains invoquaient la diffusion de la démocratie, tandis que l'actuelle guerre contre l'Iran semble motivée par des intérêts stratégiques, comme le contrôle du pétrole et la limitation du programme nucléaire.
Contrairement à l'Irak, l'Iran dispose d'un programme nucléaire militaire avancé, bien que l'accord de 2015 ait permis de le surveiller jusqu'à son abandon par Donald Trump en 2018. De plus, les mollahs iraniens, bien qu'affaiblis par des crises économiques et politiques, n'ont pas de liens avec des groupes terroristes sunnites comme Al-Qaeda, contrairement à d'autres pays du Golfe.
Conséquences catastrophiques et risques régionaux
Malgré ces différences, la guerre contre l'Iran a été lancée sans légitimation par les Nations unies ou une large coalition, la rendant particulièrement illégitime. Les bombardements massifs sur les infrastructures pétrolières, les usines de désalinisation et d'autres installations essentielles risquent de provoquer un désastre humanitaire majeur.
Les actions américaines et israéliennes, incluant le soutien aux séditions kurdes et baloutches, pourraient transformer l'Iran en un État failli, aggravant l'instabilité au Moyen-Orient. Cette situation menace non seulement la région, mais aussi l'Europe, en prolongeant les conflits et en sapant les efforts de multilatéralisme.
Conclusion : un avenir incertain
En résumé, bien que l'intervention contre l'Iran puisse paraître moins illégitime à certains égards, son lancement précipité et ses conséquences potentielles la rendent tout aussi catastrophique que la guerre contre l'Irak. L'absence de scénario crédible pour une transition pacifique et la destruction d'infrastructures vitales risquent d'entraîner des répercussions durables sur la stabilité internationale.



