L'Iran intensifie les hostilités après la nomination de son nouveau Guide suprême
Dans une escalade dramatique du conflit au Moyen-Orient, l'Iran a lancé dans la nuit du 9 mars 2026 ses premières salves de missiles et de drones depuis la désignation de Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême. Ces attaques ont ciblé simultanément Israël, Bahreïn, l'Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis, marquant une nouvelle phase de violence régionale.
Une succession qui attise les tensions
L'ayatollah Mojtaba Khamenei a été choisi par l'Assemblée des experts, un collège de 88 membres du clergé chiite, pour succéder à son père Ali Khamenei. Cette transition dynastique a immédiatement reçu l'allégeance des Gardiens de la révolution, des forces armées, de la police et de la diplomatie iranienne.
Avant même l'annonce officielle, l'ancien président américain Donald Trump avait déclaré que le successeur d'Ali Khamenei ne tiendrait « pas longtemps » sans son aval, illustrant les tensions préexistantes.
Des attaques coordonnées dans toute la région
Les conséquences militaires ont été immédiates :
- En Israël, une femme a été légèrement blessée à la tête par les débris d'un missile intercepté dans la région de Rishon LeZion
- L'armée israélienne a répliqué en lançant une nouvelle vague de frappes contre des « infrastructures du régime » dans le centre de l'Iran
- À Bahreïn, un drone iranien a blessé 32 civils, dont quatre grièvement, selon le ministère de la santé
- L'Arabie saoudite a intercepté quatre drones se dirigeant vers le gisement pétrolier de Shaybah
- Abou Dhabi a signalé deux blessés par des débris d'interception
L'impact économique : le pétrole et le gaz en flèche
Les Gardiens de la révolution ont menacé que le prix du baril de pétrole pourrait dépasser 200 dollars si les hostilités se poursuivaient. Lundi matin, le baril frôlait déjà les 120 dollars, son plus haut niveau depuis l'été 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Le prix du gaz européen a quant à lui bondi d'environ 30%, avec le contrat TTF néerlandais atteignant 66 euros le mégawattheure. Donald Trump a qualifié cette flambée des prix de « tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des États-Unis et du monde » sur son réseau Truth Social.
La situation au Liban s'aggrave
De violents combats ont éclaté dans l'est du Liban, près de la frontière syrienne, où des troupes israéliennes ont été héliportées selon l'agence de presse nationale libanaise NNA. Le Hezbollah affirme combattre ces troupes et prétend avoir abattu un hélicoptère israélien dans la région de la Bekaa.
L'armée israélienne a frappé les « infrastructures du Hezbollah » dans la Dahiyé, la banlieue sud de Beyrouth, et a lancé un ordre d'évacuation aux habitants de cette zone.
Réactions internationales et conséquences diplomatiques
Le département d'État américain a ordonné à tout son personnel diplomatique « non essentiel » en Arabie saoudite de quitter le pays. La France va affréter sept vols supplémentaires pour rapatrier ses ressortissants du Moyen-Orient, avec environ 7 500 demandes d'assistance enregistrées.
Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Andrii Sybiha, a estimé que « les régimes de Moscou et de Téhéran sont indissociables » et que la guerre contre l'Iran et la défense de l'Ukraine constituent « deux théâtres d'opérations d'un seul et même conflit ».
La Chine a quant à elle exprimé son hostilité à « toute atteinte à la sécurité du Guide suprême iranien », qualifiant sa nomination de décision « conforme » à la Constitution iranienne.
Impact sur les marchés financiers
Les Bourses européennes ont ouvert en nette baisse lundi, emportées par la flambée historique des prix du pétrole. Paris a perdu 2,59%, Francfort 2,47%, Londres 1,57% et Milan 2,71%, ravivant les craintes d'un choc inflationniste.
Cette escalade militaire intervient dans un contexte déjà tendu, où l'Iran avait vu ses sites pétroliers bombardés pour la première fois depuis le 28 février, provoquant des menaces de représailles contre les infrastructures pétrolières de la région.



