Guerre au Moyen-Orient : l'escalade des attaques contre les infrastructures énergétiques
Au 20e jour de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l'Iran, les tensions atteignent un nouveau paroxysme avec la multiplication des attaques contre les installations énergétiques dans le Golfe. Les conséquences se font sentir sur les marchés mondiaux et dans les chancelleries internationales.
Des infrastructures gazières gravement endommagées
Le Qatar, deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), a signalé ce jeudi matin de nouveaux « dommages considérables » sur le complexe gazier de Ras Laffan, le plus important site de GNL au monde. Cette attaque iranienne fait suite à celle de mercredi, créant une situation critique pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.
La défense civile qatarie a maîtrisé les incendies sur place sans signaler de victimes. L'Iran justifie ces frappes comme une réponse à une attaque contre son site gazier offshore de South Pars.
Les Émirats Arabes Unis, alliés du Qatar, ont également fermé un complexe gazier à Abou Dhabi après la chute de débris de missiles interceptés. Au Koweït, une attaque de drone a provoqué un incendie dans une raffinerie pétrolière, illustrant l'étendue géographique de ces opérations.
Les réactions internationales s'intensifient
Donald Trump a menacé de détruire le champ gazier iranien de South Pars en cas de nouvelle attaque contre le Qatar. Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a écrit : « Si l'Iran attaque encore ce pays, les États-Unis d'Amérique, avec ou sans Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars ».
L'Arabie saoudite a adopté une position ferme, son ministre des Affaires étrangères déclarant : « Nous nous réservons le droit de mener des actions militaires si cela s'avère nécessaire ». Le prince Fayçal ben Farhane a accusé l'Iran de tenter de faire pression sur ses voisins, affirmant que le Royaume ne céderait pas à ces manœuvres.
Impact économique immédiat
Les marchés énergétiques réagissent violemment à cette escalade :
- Le cours du baril de Brent a grimpé de plus de 5% dans les échanges asiatiques
- Vers 6 heures (heure de Paris), le Brent de la mer du Nord gagnait encore 4,51% à 112,22 dollars
- Le baril de West Texas Intermediate (WTI) prenait 1,12% à 97,40 dollars
- Le coût du gaz européen s'envole de plus de 30% après l'attaque du site qatari
Bilan humain et développements régionaux
Les attaques iraniennes ont causé des pertes civiles :
- Trois Palestiniennes ont été tuées en Cisjordanie occupée par des éclats de missile
- Un travailleur thaïlandais a péri dans le centre d'Israël
- Ces décès portent à 15 le nombre de victimes israéliennes depuis le début du conflit
Parallèlement, le point de passage de Rafah entre Gaza et l'Égypte a rouvert pour la première fois depuis sa fermeture le 28 février, permettant des mouvements humanitaires dans les deux directions.
Initiatives diplomatiques et exécutions en Iran
Emmanuel Macron a proposé un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles, particulièrement énergétiques et hydrauliques. Le président français a échangé avec Donald Trump et l'émir du Qatar, appelant à préserver les populations de l'escalade militaire.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, se rend ce jeudi au Liban pour manifester le « soutien et la solidarité de la France avec le peuple libanais », pris dans un conflit qu'il n'a pas choisi. L'armée israélienne poursuit son offensive contre le Hezbollah, frappant Beyrouth et menaçant de détruire les ponts du sud du pays.
En Iran, trois « émeutiers » ont été exécutés pour meurtre et pour avoir agi en faveur d'Israël et des États-Unis, selon le pouvoir judiciaire iranien. Ces exécutions surviennent deux mois après de violentes émeutes dans le pays.



