La réouverture du poste-frontière de Rafah, point de passage crucial entre l'Égypte et la bande de Gaza, n'a pas apporté le soulagement escompté pour les établissements de santé gazaouis. Ces derniers continuent de fonctionner dans un état de détresse extrême, confrontés à des pénuries criantes de matériel médical, de médicaments et de personnel qualifié.
Une situation critique persistante
Les professionnels de santé sur place décrivent une réalité alarmante : ils passent désormais l'essentiel de leurs journées à trier les patients, une tâche qui relève davantage de la gestion de crise que de la médecine curative. Ce triage forcé est une conséquence directe du manque de ressources, obligeant les médecins et infirmiers à prioriser les cas les plus urgents, souvent au détriment d'autres soins essentiels.
Des infrastructures au bord de l'effondrement
Les hôpitaux de Gaza, déjà fragilisés par des années de blocus et de conflits récurrents, peinent à maintenir des services de base. Les coupures d'électricité fréquentes compromettent le fonctionnement des équipements vitaux, tandis que les réserves de carburant pour les générateurs de secours sont insuffisantes. De nombreux lits d'hôpital restent inutilisables en raison de dommages structurels ou du manque de matériel stérile.
L'impact humanitaire immédiat
Cette crise sanitaire a des répercussions dramatiques sur la population civile. Les patients atteints de maladies chroniques, comme le diabète ou l'hypertension, voient leurs traitements interrompus. Les interventions chirurgicales non urgentes sont reportées indéfiniment, et les soins pédiatriques ou maternels sont gravement affectés. Le système de santé, autrefois fonctionnel, est aujourd'hui au bord de la rupture.
Les limites de la réouverture de Rafah
Bien que la réouverture du poste-frontière de Rafah ait suscité des espoirs, son impact sur la situation des hôpitaux reste limité. Les autorisations pour l'entrée de matériel médical et de médicaments sont soumises à des procédures complexes et souvent retardées. De plus, les capacités logistiques pour acheminer ces fournitures vers les établissements de santé sont entravées par les difficultés de circulation à l'intérieur de Gaza.
Un appel à l'aide internationale
Les organisations humanitaires présentes sur le terrain lancent des appels répétés pour un soutien accru. Elles demandent non seulement des livraisons régulières de fournitures médicales, mais aussi une facilitation des procédures administratives aux frontières. La communauté internationale est exhortée à intervenir pour prévenir une catastrophe sanitaire encore plus grave.
En conclusion, malgré la réouverture symbolique de Rafah, les hôpitaux de Gaza demeurent dans une situation de détresse profonde. La priorité donnée au triage des patients au détriment des soins illustre l'urgence d'une réponse humanitaire coordonnée et efficace pour sauver des vies et restaurer un système de santé déjà exsangue.