Flottille pour Gaza : Madrid exige la libération de son militant détenu par Israël
Flottille pour Gaza : Madrid exige la libération de son ressortissant

Un tribunal israélien a ordonné ce dimanche 3 mai la prolongation de deux jours de la détention de deux militants, un Espagnol et un Brésilien, de la « Flottille pour Gaza » arrêtés par Israël au large de la Grèce. Le gouvernement espagnol « exige la libération immédiate » de son ressortissant.

Interception en mer jeudi

Près de 200 militants de nombreuses nationalités ont été arrêtés jeudi 30 avril, sur une vingtaine de bateaux de cette nouvelle flottille visant, selon ses organisateurs, à briser le blocus israélien du territoire palestinien, où l’accès de l’aide humanitaire reste fortement restreint.

Il s’agissait de la deuxième tentative de la Flottille mondiale Sumud (« résilience » en arabe) d’accéder à la bande de Gaza. En 2025, à son premier voyage, plusieurs centaines de militants, dont la Suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, avaient été arrêtés en mer, transférés en Israël puis expulsés.

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L’arrestation de jeudi, « menée pacifiquement » selon Israël, a eu lieu à des centaines de kilomètres de Gaza, dans les eaux internationales au large de la Crète, bien plus loin des côtes israéliennes que les précédentes interceptions de flottilles. Plusieurs pays ont dénoncé une opération « illégale ». Israël a relâché la quasi-totalité des militants en Grèce après un accord avec ses autorités.

En prison à Ashkelon

Sauf deux : l’Espagnol Saif Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila, qui ont été emmenés en Israël. Les deux hommes ont été présentés ce dimanche 3 mai dans la matinée au tribunal d’Ashkelon, la ville côtière où ils sont détenus. Les avocats de l’ONG avaient pu les voir samedi dans leur prison de Shikma. « Le tribunal a prolongé leur détention de deux jours », a annoncé à l’AFP Miriam Azem, de l’ONG de défense des droits humains israélienne Adalah. Les autorités avaient réclamé une prolongation de quatre jours, a-t-elle précisé.

« Extrême brutalité »

D’après Miriam Azem, les militants ont décrit une arrestation d’une « extrême brutalité », et ont été informés qu’ils seraient interrogés par les renseignements intérieurs israéliens pour soupçons d’« affiliation à une organisation terroriste ». Thiago Avila a déclaré aux avocats avoir été « traîné face contre terre et battu si violemment qu’il a perdu connaissance à deux reprises ». Il a ajouté que, depuis son arrivée en Israël, il avait été « maintenu à l’isolement, avec les yeux bandés », selon Miriam Azem.

D’après le ministère israélien des Affaires étrangères, Saif Abu Keshek est « l’un des dirigeants » de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l’étranger (PCPA), association caritative accusée par les États-Unis et Israël d’être affiliée au mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza. Quant à Thiago Avila, il « travaille avec PCPA et est soupçonné d’activités illégales », selon le ministère.

Brasilia et Madrid dénoncent la détention

Le Brésil et l’Espagne ont dénoncé leur arrestation, et la diplomatie espagnole a réfuté les accusations israéliennes de ce lien entre son ressortissant et le Hamas. Samedi, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares avait qualifié de « complètement illégale » et « inacceptable » son arrestation « en dehors de toute juridiction ». Israël « n’a apporté aucun élément de preuve » pour appuyer ses accusations, et même si c’était le cas, « il existe des voies judiciaires en démocratie, en Etat de droit », pour les relayer, a-t-il ajouté.

L’Espagne a exigé de nouveau ce dimanche la « libération immédiate » de Saif Abu Keshek. « Le gouvernement espagnol exige sa libération immédiate », souligne le message du ministère envoyé à l’AFP, qui précise que le consul d’Espagne à Tel-Aviv avait accompagné « l’Espagnol détenu illégalement » à l’audience. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, est l’une des voix européennes les plus critiques envers le gouvernement de Benjamin Nétanyahou depuis qu’Israël a lancé son offensive dévastatrice dans la bande de Gaza, en réponse à l’attaque sans précédent du Hamas palestinien du 7 octobre 2023.

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