Entrepreneur héraultais bloqué à Dubaï après l'attaque israélo-américaine contre l'Iran
Entrepreneur héraultais bloqué à Dubaï après l'attaque contre l'Iran

Entrepreneur héraultais bloqué à Dubaï après l'attaque israélo-américaine contre l'Iran

Ils sont plusieurs dizaines de milliers de ressortissants français à partager cette situation de blocage inquiétante. Depuis l'attaque israélo-américaine contre l'Iran samedi dernier, suivie de la riposte iranienne contre les pays du Golfe, Philippe, entrepreneur de Saint-Jean-de-Védas dans l'Hérault, est coincé aux Émirats arabes unis. Son vol de retour prévu lundi 2 mars depuis l'aéroport international de Dubaï a été annulé, plongeant cet homme d'affaires dans l'incertitude la plus totale.

Une boule de feu qui tombe du ciel

L'entrepreneur avait pourtant soigneusement planifié son déplacement professionnel à Dubaï : deux semaines pour gérer des affaires liées à son entreprise avant de rejoindre ses chantiers en France. Mais l'actualité géopolitique l'a rattrapé de manière brutale. "On n'avait rien suivi de la déclaration de guerre des États-Unis", reconnaît-il avant d'ajouter : "On était dans le déni."

Le retour à la réalité s'est produit alors qu'il rentrait d'une excursion en jet-ski avec sa compagne : "On était dans la voiture en direction de l'hôtel et d'un coup on voit une boule de feu qui tombe du ciel", se remémore-t-il, encore abasourdi. Le couple a capturé la scène sur vidéo, témoignage visuel de la violence des événements.

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Confinement dans le hall d'hôtel et panique générale

Une fois arrivés dans leur chambre, les déflagrations les ont tirés du lit : "Tout l'hôtel a vibré, les vitres tremblaient. Puis nos téléphones se sont mis à sonner", raconte Philippe. Les messages d'alerte se sont succédé, mentionnant des attaques potentielles de missiles et la nécessité de se mettre à l'abri.

En sortant de leur chambre, ils ont découvert une scène de panique : "Les ascenseurs et les escaliers étaient bondés", décrit-il. Une horde de vacanciers affolés s'était amassée dans le hall, où des réceptionnistes portaient des gilets jaunes de sécurité. "Il y avait trop de monde, j'étais en train d'étouffer", souffle l'entrepreneur.

Impossible de prendre l'air : "On était confinés dans la réception de l'hôtel, le plus loin des vitres, en espérant qu'il n'y ait rien qui nous frappe". Dans cette foule retenant sa respiration, Philippe a observé des pères de famille tentant de rassurer leurs enfants tout en cachant leur propre peur.

Le flou total et l'attente interminable

Si la vie a partiellement repris son cours à Dubaï avec l'ouverture des restaurants et centres commerciaux, l'incertitude plane sur le retour des ressortissants étrangers. "Il est temps qu'on rentre, il est temps qu'on ait un visu et, surtout, il est temps qu'on ait une réponse d'Air France", martèle Philippe avec frustration.

Depuis l'annulation de son vol, "c'est le flou total". Les standards téléphoniques des compagnies aériennes sonnent dans le vide, et les espoirs de départ sont sans cesse déçus. "On nous dit qu'on peut rentrer après-demain, on prévient nos familles et nos clients, mais à chaque fois c'est décalé", s'agace-t-il.

Cette frustration s'étend également au consulat français : "À l'heure actuelle, les Émirats arabes unis ont plus de chances de nous sauver que la France", ironise-t-il amèrement. "On n'a aucune communication, personne ne sait rien, on est complètement dans le flou."

Conséquences financières et humaines dramatiques

L'attente est mentalement éprouvante, mais elle représente également un fardeau financier considérable pour de nombreux voyageurs. "Même dans les hôtels les moins chers, une nuit tourne autour de 100 ou 120 euros", précise Philippe, ajoutant que ces frais ne sont généralement remboursés par les assurances qu'à posteriori.

La situation devient critique pour certaines familles : "Je connais une famille qui est obligée d'aller dans la chambre d'autres personnes et qui dort par terre sur des moquettes", rapporte-t-il. D'autres vacanciers "se plaignaient que financièrement, ça devenait compliqué et qu'ils n'arriveront bientôt plus à manger".

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Philippe, qui bénéficie d'une situation plus confortable, reconnaît sa chance sur ce point. Cependant, il redoute les retombées économiques que cette escale forcée aura sur son entreprise en plein développement, qu'il considère comme "son bébé". "Vu les derniers appels que j'ai eus de certains clients, ça risque d'être très compliqué à mon retour", s'inquiète-t-il.

Un avenir incertain suspendu aux décisions aériennes

L'entrepreneur croise désormais les doigts pour attraper un avion la semaine prochaine, même s'il admet que, compte tenu du contexte géopolitique tendu, il se sent "plus en sécurité au sol qu'en l'air". Cette volonté de retour reste suspendue aux décisions des compagnies aériennes, qui ne cessent de réajuster leurs calendriers en fonction de l'évolution de la situation sécuritaire.

Air France a d'ores et déjà annoncé "prolonger la suspension de ses vols" au départ de Dubaï jusqu'à samedi prochain, prolongeant ainsi l'incertitude pour des milliers de voyageurs français pris au piège dans cette région en crise. La fermeture d'une grande partie de l'espace aérien du Moyen-Orient continue de paralyser les déplacements internationaux, laissant les ressortissants étrangers dans l'attente angoissante d'une solution de rapatriement.