Enlèvement d'une journaliste américaine en Irak : les détails du kidnapping
Une journaliste américaine indépendante, Shelly Kittleson, a été enlevée mardi en plein jour dans les rues de Bagdad, la capitale irakienne. L'incident, qui n'a duré que quelques secondes, a été capturé par des caméras de vidéosurveillance montrant quatre hommes en civil forçant la journaliste à monter dans un véhicule avant de s'enfuir rapidement.
La milice Kataëb Hezbollah dans le viseur des enquêteurs
Les autorités irakiennes ont annoncé mercredi l'arrestation d'un membre de la milice Kataëb Hezbollah, soupçonné d'être impliqué dans cet enlèvement. Ce groupe armé pro-iranien est particulièrement actif en Irak où il cible régulièrement des intérêts américains. L'individu arrêté portait sur lui une pièce d'identité établissant son affiliation avec la 45e brigade des forces de mobilisation populaires, directement liée à Kataëb Hezbollah.
Cet enlèvement survient dans un contexte régional particulièrement tendu, alors que la guerre au Moyen-Orient vient d'entrer dans son deuxième mois. Les États-Unis ont mené à plusieurs reprises des bombardements en Irak contre des milices pro-iraniennes, qui ont elles-mêmes pris pour cible l'ambassade américaine et des bases militaires dans le pays.
Une journaliste expérimentée malgré les menaces
Shelly Kittleson est une journaliste et photographe américaine spécialiste du Moyen-Orient depuis plus de quinze ans. Basée à Rome, elle collabore avec plusieurs médias internationaux dont al-Monitor, la BBC, CNN et Politico. Elle a réalisé de nombreux reportages en Irak, en Syrie et au Liban, se concentrant particulièrement sur les questions de sécurité, les zones de conflit et les situations post-conflit dans la région.
En 2017, elle a reçu le prestigieux prix Premio Caravella pour ses reportages réalisés en zone de guerre, selon l'Institut italien d'études politiques internationales. Malgré son expérience, la journaliste avait été avertie à plusieurs reprises de menaces la concernant, y compris des menaces de mort, jusqu'à la nuit précédant son enlèvement. Elle avait pourtant choisi de rester à Bagdad pour continuer son travail sur le terrain.
Les recherches en cours et les réactions internationales
Les autorités irakiennes ont lancé une opération pour retrouver les ravisseurs et la journaliste. Une course-poursuite a conduit à l'interception d'un véhicule appartenant aux ravisseurs, qui s'est renversé alors qu'ils tentaient de fuir. Les forces de sécurité ont pu arrêter l'un des suspects et saisir l'un des véhicules utilisés pour le crime, mais Shelly Kittleson n'a pas été retrouvée à bord et n'a toujours pas été localisée.
Le département d'État américain a déclaré qu'il œuvrait pour assurer sa libération « dès que possible ». Plusieurs organisations se sont exprimées sur cet enlèvement :
- Le média al-Monitor a appelé à sa libération « immédiate »
- Reporters Sans Frontières (RSF) a déclaré être très préoccupé par cet enlèvement
- RSF a souligné que la journaliste « connaissait bien l'Irak »
Cet incident rappelle tristement l'enlèvement en 2023 de la chercheuse israélo-russe Elizabeth Tsurkov par une milice chiite irakienne dans la capitale. Détenue pendant deux ans et demi, elle n'a été libérée qu'en septembre 2025. Bagdad, qui avait connu une amélioration de sa situation sécuritaire ces dernières années, voit ainsi resurgir des violences qui avaient pourtant reculé.



