Une visite d'État très attendue
Donald Trump a débarqué mercredi en Chine pour une visite d'État de deux jours, accompagné d'une imposante délégation américaine. Le président américain est reçu par son homologue chinois Xi Jinping dans un contexte de tensions mondiales multiples, allant du commerce international à la guerre en Iran, en passant par la question de Taïwan.
À sa descente d'avion à l'aéroport international Pékin Capitale, Donald Trump a été accueilli par une fanfare militaire et des rangées de jeunes vêtus de blanc agitant des drapeaux chinois et américains, scandant « bienvenue, chaleureuse bienvenue ! ». Le vice-président chinois Han Zheng l'a salué personnellement. Il s'agit de la première visite d'un président américain en Chine depuis celle de Donald Trump lui-même en novembre 2017.
Une délégation de poids
La délégation américaine comprend le fils du président, Eric Trump, accompagné de son épouse Lara, le secrétaire d'État Marco Rubio, le ministre de la Défense Pete Hegseth, ainsi que plusieurs grands patrons : Elon Musk (Tesla, SpaceX), Tim Cook (Apple), Kelly Ortberg (Boeing) et Jensen Huang (Nvidia). Donald Trump a écrit sur Truth Social qu'il presserait Xi Jinping, un « dirigeant hors pair », d'ouvrir la Chine afin que « ces personnes brillantes puissent opérer leur magie ».
Des enjeux commerciaux et géopolitiques
Au sommet de la liste des souhaits américains figurent des accords dans l'agriculture et une possible commande massive d'avions Boeing. La Chine, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Guo Jiakun, se dit prête à « élargir la coopération et gérer les différends ». Les deux présidents devraient chercher à prolonger la trêve douanière conclue en octobre.
Mais les points de friction sont nombreux : restrictions sur les terres rares et les semi-conducteurs, intelligence artificielle, propriété intellectuelle, et Taïwan. La guerre en Iran, qui a débuté fin février, ajoute une dimension supplémentaire. Donald Trump entend faire pression sur la Chine, principal importateur de pétrole iranien, pour qu'elle use de son influence en vue d'une sortie de crise dans le Golfe. La quasi-fermeture du détroit d'Ormuz impacte directement la Chine.
Une compétition acharnée
Les États-Unis et la Chine sont engagés depuis des années dans une compétition stratégique, technologique et économique. Melanie Hart, spécialiste de la Chine à l'Atlantic Council, prédit un « match de rugby au cours duquel chaque partie voudra prendre l'avantage ». Le sommet survient alors que Donald Trump fait face à des sondages catastrophiques et à une inflation alimentée par la guerre en Iran, tandis que l'économie chinoise connaît un ralentissement de sa croissance, une faible consommation intérieure et une crise de la dette immobilière. Les experts estiment que Xi Jinping aborde le sommet en position de force relative, mais n'a pas intérêt à ce que la situation dans le Golfe s'éternise.



