Hongrie : Les élections du 12 avril, un espoir pour l'UE face à Orbán et ses provocations
Élections en Hongrie : l'UE espère la fin du règne d'Orbán

Hongrie : Les élections du 12 avril, un tournant crucial pour l'Union européenne

Les élections législatives hongroises du 12 avril prochain pourraient marquer la fin de seize longues années de règne du Premier ministre Viktor Orbán. Une large majorité des partenaires européens du leader populiste nourrit l'espoir profond de voir son pouvoir prendre fin, alors que son opposant, l'eurodéputé pro-européen Péter Magyar, est systématiquement donné en tête dans les sondages d'opinion.

Une épine dans le pied de l'Union européenne

En multipliant les provocations à l'encontre de ce qu'il nomme « l'élite bureaucratique bruxelloise », en bloquant régulièrement les initiatives de soutien à l'Ukraine, et en sapant méthodiquement l'État de droit en Hongrie, Viktor Orbán s'est imposé comme une énorme épine dans le pied des Vingt-Sept au cours des dernières années. Ses actions ont constamment compliqué la cohésion et les décisions au sein de l'Union.

Pourtant, malgré cette irritation palpable, il ne faut pas compter sur les institutions de l'UE pour prononcer le moindre mot qui pourrait être interprété comme une ingérence dans ce scrutin national crucial. Cette retenue persiste même si les motifs de s'élever contre Orbán, l'ami déclaré de Moscou, n'ont pas manqué ces derniers jours.

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L'affaire d'espionnage et la retenue de Bruxelles

Il y a une dizaine de jours, des révélations ont indiqué que Budapest transmettait en quasi-direct au Kremlin des échanges confidentiels entre les dirigeants des États membres de l'UE. Face à ce qui ressemble fortement à un acte d'espionnage au profit d'une puissance ennemie déclarée, la réaction de la Commission européenne a été minimaliste.

L'exécutif européen s'est contenté de qualifier la situation de « très inquiétante » et a demandé, avec une molesse remarquée, à la Hongrie « d'apporter des clarifications ». Aucune mesure forte ou condamnation ferme n'a été émise, illustrant la prudence extrême de Bruxelles en période électorale.

Le Parlement européen se tait stratégiquement

Qu'en est-il du Parlement européen, pourtant très largement opposé à Viktor Orbán et à ses politiques ? Normalement, une affaire aussi brûlante aurait fait l'objet de débats en séance plénière. Cependant, le contexte des élections nationales a conduit les eurodéputés à s'abstenir de toute déclaration incendiaire.

« Orbán n'attend que ça, que nous nous emparions du sujet pour ensuite dénoncer une ingérence de l'UE, ce qui peut fonctionner auprès d'une partie des électeurs hongrois », explique une source au sein du groupe centriste Renew. Cette stratégie du silence est partagée : Péter Magyar lui-même aurait demandé au Parti populaire européen (PPE), le groupe le plus puissant du Parlement, de jouer « mezza voce » (à voix basse), malgré le choc des révélations.

Le blocage de l'aide à l'Ukraine et la campagne de désinformation

L'exaspération des partenaires européens a de nouveau été mise en sourdine lorsque Viktor Orbán a persisté à bloquer, le 19 mars dernier à Bruxelles, le plan d'aide de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine. Cette obstruction s'inscrit dans une campagne de communication agressive menée par Budapest.

Dans tout le pays, des affiches de propagande ont été placardées, montrant Péter Magyar aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le message sous-jacent accuse l'opposant de vouloir « vider les poches des Hongrois » pour financer l'Ukraine et précipiter la Hongrie dans la guerre.

Un récent sondage du Centre de recherche 21 indique que 23% des citoyens hongrois seraient convaincus qu'une victoire du parti de Magyar, Tisza (« respect et liberté »), « entraînerait le pays dans la guerre ». Face à cette intense campagne de désinformation, Péter Magyar prend un soin extrême à se distancier de ces accusations, niant être l'homme lige du seul tandem Kiev-Bruxelles.

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Les élections du 12 avril représentent donc bien plus qu'un simple changement de majorité. Elles sont perçues par de nombreux capitales européennes comme une opportunité de tourner la page sur une ère de tensions continues et de rétablir une relation plus constructive entre la Hongrie et l'Union européenne.